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  • Interview FX (Justin(e) - Poésie Zéro - 29/09 - MAG - Un hiver à Paris)

     

    64212_10200421916255667_1593759053_n.jpgHello FX, on s’est déjà croisé un paquet de fois avec tes orchestres: Mon Autre Groupe, Justin(e) et Poésie Zero. Alors, on va commencer par la musique. Peux-tu me faire un petit topo des différents groupes dans lesquels tu as joué (si je ne m’abuse, il manque 29/09 à ma liste) et dans ceux où tu joues encore. Quel instru joues/jouais-tu ?

    Salut Pierre ! J'ai commencé à jouer de la batterie en groupe vers 17 ans avec un groupe de néo/rock-metal qui s'appelait La Ligne et quelques années plus tard, j'ai monté 29/09, un projet grind/violence dans lequel je jouais de la batterie et criais en même temps. En parallèle, j'ai eu un petit truc de hip-hop acoustique, toujours à la batterie. Ensuite, après avoir déménagé à Paris, j'ai rencontré Baptiste, l'actuel guitariste de Poésie Zéro, avec lequel j'ai monté mon premier groupe de punk rock « Vendredi », puis, vu qu'ils avaient besoin d'un batteur et que je les connaissais depuis plusieurs années, j'ai intégré Justin(e). Enfin, et puisque je m'emmerdais à Paris, j'ai joué dans Maladroit, chanté dans Mon Autre Groupe et monté Poésie Zéro, au chant toujours.  

     

    Pourquoi as-tu quitté ces groupes ? Ou pourquoi ont-ils arrêtés ? Est-ce parce que vous/tu estimais avoir fait le tour de la question ?

    A chaque fois que j'ai quitté un groupe, c'était parce que je me sentais en décalage avec ce que je jouais ou chantais. J'adore jouer avec des potes, mais si à un moment donné j'écoute ce que je fais et que je ne me sens pas concerné par ce que j'entends, ça devient difficile pour moi d'y trouver du sens, ou même du fun. Jouer dans un groupe demande beaucoup de temps et pas mal d'implication émotionnelle, alors si on n'est même pas touché par ce qu'on produit, je trouve que ça n'est plus nécessaire de continuer.

     

    Dans les groupes où tu chantais, le groupe est chaque fois un truc bien énervé, je pense entre autre à Mon Autre Groupe et Poésie Zéro. Est-ce nécessaire pour toi d’avoir ce côté « pas content/énervé » lorsque tu chantes ? Tu ne penses pas que le message (si message il y a), passerait mieux d’une autre manière ?

    Ça n'est pas forcément ça, dans 29/09 et Mon Autre Groupe, crier était simplement nécessaire.  29/09 a été créé pour être le plus violent possible, autant dans le fond que dans la forme. Je criais parce que je ne pouvais pas trouver de plus grande violence à infliger aux autres et à moi même. De même pour MAG, le projet se voulait sale et rapide, pas fun. Je m'y suis senti à l'aise parce qu'avais vraiment envie de crier ce que je disais dans les paroles.

    Pour Poésie Zéro c'est différent. Je ne crie pas forcément, j'ai simplement une voix dégueulasse tout en ayant des choses extrêmement faibles à dire. Chanter dans Poésie Zéro, c'est rentrer dans le rôle du meilleur chanteur de punk rock de merde du monde.

    J'aimerais beaucoup avoir un projet dans lequel je chanterais en voix claire, comme Eels, ou JP Nataf, mais pour ça il faut avoir des jolies choses à dire, et surtout, en être convaincu.

     

    Est-ce toi qui écrivais les paroles quand tu chantais des les groupes ? Est-ce nécessaire pour toi de chanter tes paroles ?

    Mis à part Mon Autre Groupe, où Till écrivait certains textes, oui j'ai toujours écrit les chansons que je devais chanter. Je ne sais pas si c'est nécessaire pour moi de chanter mes propres paroles, mais puisque je ne me considère pas du tout comme un chanteur, il me serait très difficile de prendre place derrière un micro pour chanter les textes d'un autre. Et puis, les groupes que j'ai monté spécialement pour y chanter avaient des concepts très cadrés, que ce soit l'ultra-violence de 29/09 ou la nullité de Poésie Zéro, c'était beaucoup plus facile pour moi d'assumer la place de chanteur en étant aux origines de ces concepts plutôt que de « chanter » n'importe quoi d'autre plus simplement.

     

    Tu écris aussi pas mal pour d’autres groupes. Peux-tu lister ceux-ci ? De mon côté, je retrouve un de tes textes sur le dernier Guerilla Poubelle, sur quelques titres de Diego Pallavas et de Justin(e) ? Comment ça se passe lorsque tu écris pour d’autres ; est-ce eux qui viennent vers toi pour ta plume ou est-ce la démarche inverse où c’est toi qui leur propose un titre ?

    Tu as cité tous les groupes. Pour la liste des titres, j'ai écrit « Une ode à la mort » (http://www.youtube.com/watch?v=wF6PObm2pzs ) et les 3 titres du CD bonus (« Un samedi soir sur la terre », « De l'hygiène des ongles » et « Les briques molles ») de Treillières Über Alles de Justin(e) , « Colomba » et « Saint-Nazaire » (http://www.youtube.com/watch?v=zjww7IQSETs ) pour Diego Pallavas et plus récemment « Prevert, Kosma, Paris » pour Guerilla Poubelle... finalement ça fait pas tant de titres que ça.

    Pour le modus operandi, ça change en fonction des chansons. « Saint-Nazaire » a été écrite pendant une tournée d'été de Justin(e) où BatBat de Diego Pallavas remplaçait Alex. On est passé à Saint-Nazaire, c'était triste, j'ai lancé la première phrase de la chanson dans le camion, BatBat a aimé et le reste du texte a suivi dans les deux jours. Puisque j'avais adoré faire ça avec BatBat, et que je crois me souvenir qu'il galérait à écrire pendant la composition d'Expédition Punitive, je lui ai envoyé « Colomba ».

    Pour Justin(e), j'étais censé n'écrire que les textes du CD Bonus de TÜA car Alex n'aurait pas eu le temps de les faire, mais puisque tout le monde a aimé le texte d'  « Une ode à la mort » on a décidé de la mettre sur l'album.

    Enfin, pour Guerilla, c'est Till qui m'a demandé un texte sur Paris, j'ai été très touché par cette demande alors que je venais de terminer l'écriture d' « Un hiver à Paris » , je lui ai envoyé ce texte que j'aurais aimé chanter si j'avais eu la voix pour.  

     

    Peux-tu nous en dire plus sur le prochain Justin(e) ? As-tu aussi d’autres projets musicaux en cours ?

    Je ne sais pas quoi te dire sur le prochain Justin(e). J'aimerais te dire qu'il défonce, mais on va encore dire qu'on est trop sûrs de nous.

    Il me semble plus profond que les autres, peut-être plus sincère, il est sans doute plus « tout » que les albums précédents. Ceux qui n'aimeront pas le trouverons d'ailleurs plus nul que les autres.

    Plus sérieusement, c'est sans doute la première fois que Justin(e) va sortir un disque aussi assumé par la totalité du groupe.

    Les autres projets du moment c'est la composition d'un nouveau Poésie Zéro maintenant que Baptiste et moi habitons à Nantes. Évidemment ce nouvel album de PZ va être une révolution.

    Et puis il va falloir que je réapprenne à jouer les nouveaux titres de Justin(e), ce qui est un projet musical en soi.   

    Teaser du 4ème album de Justin(e) : http://www.youtube.com/watch?v=jxun92MDLZI&feature=youtu.be

     

    Peux-tu aussi lister quelques groupes qui t’influencent ? Qui t’ont influencé avec tes différents projets ?

    Oula c'est pas évident ça, j'écoute très peu de musique en fait. Je vais balancer quelques noms des trucs que je trouve intéressant mais que j'ai pas assez écouté : Sex Pistols, Radiohead, Public Enemy, les Sheriff, Noir Désir, Cocoon, NoFX, Cerebral Ballzy, Bashung, Gainsbourg.

    Les trucs pas forcément très intéressants mais que j'ai beaucoup écouté : Limp Bizkit, NTM, IAM, Slipknot, Eels, At The Drive In, Meshuggah, Rancid, Mindless Self Indulgence, Blink 182, Dillinger Escape Plan...

    Et sinon en ce moment, j'écoute pas mal Toy Dolls et Skyrock dans ma voiture pour me tenir informé de ce qu'écoute les gens. 

     

    Avec Justin(e), vous avez dernièrement participé à la tournée des 10 ans de Guerilla Asso, peux-tu m’en dire un peu plus ? C’était genre colonie de vacances ? Comment se sont passés les concerts ?

    Effectivement, ça ressemblait bien à une petite colonie de vacances de trentenaires. C'était vraiment cool comme tournée, et pourtant, j'appréhendais pas mal la quinzaine de dates d'affilé.

    Je ne suis pas fan des grandes tournées, la vie sur la route c'est pas pour moi, mais j'avoue que ces deux semaines ont été particulièrement agréables. Je pense que tout le monde était assez vieux et expérimenté pour prendre soin des autres.

    Concernant les concerts, mis à part le fait qu'Alex n'ait pas pu venir sur 4 dates dans la première semaine, et que les autres chanteurs ont tous eu l'amabilité de se ruiner la voix pour le remplacer, il n'y a pas eu grand chose à dire, sauf que je ne pensais pas être aussi impressionné par Intenable et le nouveau line-up de Guerilla Poubelle. J'avoue avoir pris quelques gentilles claques en regardant ces deux là.

     

    Tu as fait aussi pas mal d’autres dates et tournées avec Justin(e), mais toujours dans des pays francophones ? Quels sont les meilleurs moments, les pires ? Pourquoi ne pas partir plus loin ?

    On ne part pas plus loin car lorsqu'on essaye, je casse le camion : l'année dernière, dans notre seule tentative de tournée dans les pays de l'Est avec Nichiel's, on a eu un accident sur une autoroute en République Tchèque, et c'est sans doute mon pire souvenir de tournée. Du coup le seul concert en terre non-francophone s'est produit à Prague. On a pas réessayé depuis car c'est difficile pour nous de quitter nos jobs ou nos familles pendant plus de 10 jours plusieurs fois par an. On essaye d'avoir des projets pour 2014/2015 en visant le Québec ou les pays de l'Est encore une fois, mais on n'a rien de défini pour l instant.

     

    1385273_241033549383318_833335879_n.jpgTon actualité en 2013 était aussi lié à ton premier livre, Un hiver à Paris ? Peux-tu nous expliquer comment on fait pour sortir un livre en 2013 ? C’est comme pour sortir un cd ? As-tu de bon retour sur le livre ?

    Effectivement je viens de sortir « Un hiver à Paris », un roman sur lequel je travaillais depuis quelques années sur le thème du déracinement d'un personnage quittant sa ville natale pour Paris. Pour le sortir, j'ai été aidé par Guillaume et Lylian du label CanISay?Records. Ça faisait un moment que le label voulait tenter l'expérience de la production de livre, on a donc monté la maison d'édition IreadBooks en tant que filiale du label. Ensuite c'est pas très compliqué, et pas si différent d'un CD en effet, une fois que tu as ton livre mis en page et l'argent pour le faire imprimer, tu fais une déclaration ISBN et c'est  parti. Du coup on a déjà réussi à en  vendre environ 250 en 3 mois, via le site de CanISay?Records (http://canisayrecords.com/shop/fr/248-fran%C3%A7ois-xavier-josset-un-hiver-%C3%A0-paris.html ) et sur les concerts de Justin(e).

    Maintenant, la difficulté pour nous, c'est de trouver des manières d'élargir la distribution et de faire la promotion du bouquin hors réseau punk-rock. Nous avons finalement encore très peu de contacts, mais ça viendra.

    Concernant les retours de lecteurs, les gens qui l'ont lu semblent l'avoir apprécié, du moins personne n'a encore eu envie de me dire qu'il était nul, mais ça viendra peut-être !

     

    Je vois que tu as d’autres projets d’écriture en cours avec un projet d’un livre de fables. Ce livre n’était donc pas un one-shot ? Et peux-tu m’en dire plus sur tes nouveaux projets en écriture ?

    Oui je travaille depuis quelques temps avec un ami illustrateur Hyde Omega (https://www.facebook.com/omegahyde?fref=ts)  sur la production d'un livre de fables. On a ce projet en route depuis un an je crois. L'idée est de sortir, en 2014, un bouquin contenant une trentaine ou une quarantaine de fables illustrées. Je prends ce projet comme un exercice de style plutôt amusant, en travaillant autour d'un thème avec des contraintes bien définies : rimes et alexandrins.

    Concernant le caractère unique du roman, je ne sais pas, l'exercice d'écriture d'une oeuvre de 200 pages été intéressant mais j'ai trouvé ça vraiment difficile. J'aimerais me lancer dans la rédaction d'un autre livre, mais je ne me suis pas encore décidé sur le fond, ni sur la forme. J'ai quelques idées en tête, mais rien de concret pour l'instant.

     

    Est-ce un besoin pour toi d’écrire (et de jouer de la musique et de s’exprimer via l’art)? Est-ce un exutoire ? Y a-t-il un côté autobiographique dans ce que tu écris (je pense entre autres à Un hiver à Paris qui semble retracer une partie de ta vie) ?

    Je ne sais pas si c'est un besoin à proprement parler, mais j'aime créer, et encore plus quand je crée avec des amis. Du coup jouer de la musique et écrire sont les deux domaines dans lesquels je me sens le plus à l'aise, même si je sais que j'ai d'énormes progrès à faire.

    Toutes les créations ne sont pas des exutoires, mais effectivement, certaines d'entre-elles m'ont permis d'exprimer des choses que je n'aurais pas pu sortir autrement. Et puis pour les autres projets, faire des choses, se réunir avec des potes sur un objectif commun, ce sont de belles façons de faire passer le temps en ayant l'impression de ne pas être passif.

    Concernant la part autobiographique de ce que j'écris, évidemment je m'inspire beaucoup de ce que je vis, j'ai toujours trouvé difficile de parler de sujets qui ne me concernent pas. « Un hiver à Paris » parle d'un personnage que j'aurai pu être si je n'avais pas rencontré ceux qui m'ont fait oublié que je détestais Paris, donc forcément on retrouve beaucoup de moi dans ce qui est écrit dans ce livre.

     

    Est-ce si horrible que ça de vivre à Paris ? C’est pas censé être une des plus belles villes au monde ? Que penses-tu de la maxime « métro-boulot-dodo » ?

    Tout dépend de ce qu'on vient chercher à Paris, et je pense que beaucoup y trouvent leur compte. Mais pour ma part j'y ai déménagé pour un job, en n'y connaissant personne et avec la conviction que j'allais changer de vie, et pourtant je m'y suis embourbé pendant un an ou deux, comme mon personnage dans le livre. Il y a une certaine violence de l'anonymat à Paris qui n'existe pas dans les villes de provinces. C'est le seul endroit au monde ou je me suis senti aussi inutile, invisible et agressé par la routine. Effectivement la maxime « metro-boulot-dodo » illustre parfaitement ce que l'on peut vivre en débarquant seul à Paris, mais je pense aussi qu'il est possible de l'oublier, une fois entouré des bonnes personnes.

     

    De mon côté, je pense avoir fait le tour de ce que j’avais à te demander ... je te laisse donc le mot de la fin.

    Et bien merci à toi pour m'avoir accordé ce temps de parole. Continue à faire tout ce que tu fais c'est important. Par contre je veux bien que tu achètes des sodas la prochaine fois que tu nous fais jouer :) .

     

    Merci. Mr Pierre

     

     

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