Interview

  • Interview Ben Zoulk (Programmateur/bénévole au Magasin 4)

     

    _var_log_tmp_phpE8FgzH1.jpgHello l’équipe du M4, vous sortez de votre fête des 20 ans étalée sur un trimestre. Content ? Si je ne trompe, au début l’idée était juste de programmer un mois de concert, pourquoi ce changement ?

    Le bilan est plus que satisfaisant. Tant au niveau de la fréquentation que des prestations artistiques. Et n'oublions pas toute l'équipe bénévole du Magasin4. On doit leur tirer un grand chapeau pour le boulot accompli ! Cela a été très intense mais très bon !

    En fait, l'idée était de départ était de marquer les 20 ans du Magasin4 avec un mois de concert. On s'est très vite rendu compte qu'il était impossible de faire jouer tous les groupes dont on avait envie en un mois. Par la quantité des groupes mais aussi par les agendas des groupes en tournée. En effet, certains groupes n'étaient pas disponibles en septembre. Du coup, on a pu voir OvO, Suma et Fishbone avant Septembre et pas mal d'autres groupes après Septembre.

     

    Sur ce trimestre de concerts, on part dans tous les styles. On démarre avec The Ex et l’Enfance Rouge en terminant par Guerilla Poubelle et René Binamé en passant entre autres par The Lord of Altamont, Skarbone 14, Zu, ... Pourquoi une telle diversité ? Comment s’est opéré le choix des groupes pour ces soirées des 20 ans ?

    Mis à part la musique pop rock et les DJs techno clubbing, le M4 a toujours fait un peu de tout avec un net penchant vers ce qui ne se fait pas ailleurs. Du coup, on peut passer d'une soirée jazzcore expérimental à une soirée ska sans problème ! On a des goûts larges et contrairement à ce que peuvent penser certains, on ne s'habille pas avec des peaux de bêtes et on n'écoute pas que le métal. Signalons aussi tout de même que certaines valeurs de tolérance, de respect et d'ouverture sont importantes pour nous !

    Au niveau de la programmation, elle s'est basée sur deux axes. Tout d'abord, nous avons épluché la liste des groupes ayant joués le plus souvent au M4. Quasi tous les groupes du top 20 encore en activité ont joué pour les 20 ans. Ensuite, nous avons demandé à notre équipe d'une cinquantaine de bénévoles de renter une liste avec les cinq groupes qu'ils voulaient absolument voir. En se basant sur ces deux sources, la programmation s'est facilement mise en place.

     

    10483722_10205523825799571_2496636181424732785_n.jpgDes groupes ont-ils été oubliés (volontairement ou pas) ? Y avait-il des envies de programmation impossible à réaliser ? Qu’auriez-vous pu ajouter ? Qui vous manque-t-il sur ces soirées des 20 ans ?

    Pour certains groupes, comme Shellac, Les Sheriffs ou The Young Gods, ce n'était pas possible car ils n'étaient pas disponibles à ce moment-là. Dans l'ensemble, on peut quand même dire que la programmation a bien reflété l'esprit qu'on voulait y mettre. Parfois, les conditions sont aussi tellement élevées qu'il n'est pas possible de faire jouer les groupes.

    Le groupe qui a certainement manqué est PPz30 car le groupe ne joue plus depuis le décès d'Éric, le fondateur du Magasin4, il y a deux ans. Mais néanmoins, son attitude DIY et son engagement étaient bien présents dans notre démarche d'organisation des 20ans.

     

    Quelles ont été les soirées à retenir lors de ces 20 ans ? Qui reverra-t-on lors des 25 ans ?

    C'est difficile de ressortir une ou deux soirées de ces vingt ans. Les prestations ont été toutes d'un niveau très élevé. Donc je répondrais : TOUTES LES SOIREES

    Pour les 25 ans, c'est difficile à dire. Nous ne serons probablement plus présents à l'Avenue du port. En effet, un projet de parc est en cours et une demande de destruction du lieu a été acceptée par la Ville de Bruxelles. Nous sommes dont en attente de plus d'information concernant ce sujet. En attendant, nous continuerons à faire vivre le lieu avec passion.

     

    20 ans ... belle réussite pour un lieu alternatif musical à Bruxelles surtout au regard de ce qui se passe dans le reste de la capitale avec un paquet de lieu alternatif qui a une durée de vie limitée. Comment fonctionne le Magasin 4 pour être toujours-là 20 ans plus tard ?

    Je pense que cette longévité s'explique au départ par le bénévolat. Le fait de ne pas avoir de pression salariale permet de plus facilement faire gros dos en période de crise et de dépasser ces périodes.

    Le Magasin4 est un lieu qui a été historiquement créé par des musiciens pour les musiciens. Ce qui signifie que la musique reste le cœur du projet et non le business. Ceci peut aussi expliquer la longévité du lieu.

     

    _var_log_tmp_phpdAwnod_tmp_phpvjJ0qF_tmp_phpy77UgADSC_1590.jpgPeut-on revenir 20 ans en arrière. Comment s’est créé le Magasin 4 ? Qui est à la base de la salle ? Pourquoi ce nom ?

    Au départ, existait le Bulten, lieu alternatif initié par Éric Lemaître et d'autres activistes de la scène musicale alternative Bruxelloise. Très vite, l'équipe a déménagé au 4, rue du Magasin. Le nom Magasin4 vient donc de la localisation du lieu.

    L'idée était simple: il n'y a pas de lieu où jouer donc créons nous-même l'endroit où jouer. Le premier concert a eu lieu le 11 décembre 1994 avec Pierre Vervloesem.

    En accueillant de nombreuses formations étrangères en tournée, le Magasin4 est devenu une référence au niveau Belge et International.

     

    Le Magasin 4 a eu une grosse pause suite à un changement de lieu durant ces 20 ans de vie ? Peux-tu en dire plus sur ce changement ? Comment ? Pourquoi ?

    En 2008, l'ancien Magasin4 a dû fermer ses portes suite à la revente du bâtiment. Aujourd'hui, des lofts occupent la place de l'ancienne salle. Le dernier concert a eu lieu le 29 juin 2008

    Environ un an et demi de hiatus ont été nécessaires afin de trouver un nouvel endroit et de l'équiper. Le 03 Octobre 2009, le nouveau Magasin4, situé Avenue du Port 51B, a ouvert ses portes.

    Ce nouveau lieu est beaucoup plus grand mais ce n'est pas pour cela que nous programmons uniquement des groupes connus attirant un public nombreux.

     

    1958436_10152956889749228_5945417170942449068_n.jpgQuand je regarde les archives sur votre site, je vois quelques groupes qui étaient encore à leur début lorsqu’ils sont passés au M4 (je pense à Sttellla, Rocket From The Crypt, Mass Hysteria, ...) et qui tournent maintenant dans des structures bien plus grosses. Le Magasin 4 découvreur de talent ?

    L'aspect découverte est très important pour nous. Si nous pouvons inviter des artistes plus connus vu la capacité de la salle (entre 350 et 550 personnes), nous ne voulons pas nous limiter à cela.

    Souvent les concerts les plus intéressants sont les concerts avec un public plus clairsemé devant des artistes venant pour la première fois en Belgique.

    La réponse est donc : oui et ça va continuer !

     

    Regardons maintenant un peu vers l’avenir. Quel est l’avenir du Magasin 4, si je ne me trompe, vous risquez d’être exproprié ? Comment envisagez-vous la suite ? Plusieurs fois, j’ai entendu parler de locaux de répet et ce genre de projet, d’ailleurs quelques nouveaux projets ont vu le jour pour les 20 ans comme la distro et le fanzine M4 sont-ils destinés à durer ?

    Nous sommes pour l'instant locataires du bâtiment sis Avenue du Port 51B. Des projets de construction de parc sont en cours. Donc nous savons qu'à moyen terme, nous allons probablement devoir déménager.

    L'idéal serait de rester dans le bâtiment actuel mais cela ne pourra probablement pas être le cas.

    C'est d'ailleurs curieux de savoir que tout sera détruit à moyen terme alors que le quartier n'a jamais été aussi vivant avec l'ouverture d'une salle voisine (le Barlok) et l'occupation des hangars voisins par l'asbl toestand. Un beau projet serait de maintenir l'activité culturelle alternative dans le quartier.

    Pour les autres projets, la distro continue ses activités. Le fanzine était exceptionnel pour les 20 ans. Les autres projets comme des locaux de répétition ou un studio d'enregistrement sont un peu bloqués vu l'incertitude de notre futur.

     

    _var_log_tmp_phpBYiKmr_tmp_phpuchHLkIMG_9020.JPGEt au niveau programmation, qu’y a-t-il de prévu pour 2015 ?

    2014 a été exceptionnel au niveau de la renommée des artistes qui sont venus. 2015 ira plus dans la direction des années précédentes. Les artistes plus renommés viendront en coproduction et la majorité de la programmation du Magasin4 sera orientée vers la découverte.

    Les mois de Janvier et Février sont traditionnellement calmes mais la programmation reprendra de l'amplitude vers Mars/Avril

    Le meilleur moyen pour rester informer, c'est de visiter notre site internet www.Magasin4.be et de vous inscrire à notre newsletter.

     

    Est-ce qu’une salle comme le Magasin 4 est soutenue par la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Comment cela fonctionne pour maintenir des prix assez bas et une prog de qualité ?

    Oui, nous faisons partie du Club Plasma. www.clubplasma.be. Club Plasma est la plate-forme officielle des clubs en Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous recevons un subside annuel chaque année. Comparé à d'autres secteurs, ce subside n'est pas gigantesque mais il est d'une aide importante pour nous.

    Dans le cadre des 20 ans, nous avons également reçu l'aide de la Ville de Bruxelles.

    Au niveau politique des prix, nous essayons de garder des prix bas à l'entrée (entre 8 et 10 euros) ainsi qu'au bar (1,8 € pour une bière). Ceci est possible grâce à notre bénévolat. L'autre facteur important est de maintenir des cachets réalistes par rapport aux groupes. Parfois, on vit dans un monde déconnecté de la réalité. Il y a parfois un gouffre entre ce que demandent les tourneurs et la réelle popularité des artistes. De notre côté, c'est simple, si un artiste est trop cher, nous ne le programmerons pas.

    Les coproductions ont aussi un rôle important. En effet, dans ce cas, l'organisateur prend les entrées et nous prenons le bar. Dans ce cas, nous n'imposons pas de politique de tarif aux coproducteurs. Ces rentrées nous permettent aussi d'aborder certains concerts risqués avec sérénité.

     

    Que pensez-vous d’ailleurs de la scène actuelle belge et de l’offre des concerts à Bruxelles ? Y a-t-il trop de groupes ? Pas assez ? Trop de lieux ? Pas assez ? ...

    Si on réfléchit en termes de population, l'aire urbaine de Bruxelles doit maintenant dépasser les un million deux-cent mille personnes. C'est énorme. On peut dire que si on prend ces chiffres, la fréquentation des concerts alternatifs est ridicule et le public très réduit. Je dirais donc que parfois l'offre dépasse la demande.

    Néanmoins, je pense qu'il devrait y avoir 3 ou 4 Magasin4 pour une aire urbaine de cette taille. Après, tout est cyclique. On a des salles qui ferment comme le Spione, le LR6 ou encore le DNA et d'autres qui s'ouvrent comme le Barlok.

    Au niveau groupes, je pense qu'en pop rock, il y en a beaucoup trop et pas assez dans les styles très extrêmes. Parfois, on n'a aucun groupe pour ouvrir alors qu'on a confirmé des groupes en tournée. J'ai en mémoire l'exemple de No Means No où aucun groupe de Bruxelles ne s'est proposé en première partie.

    Une scène alternative, ça se cultive et ça suit des cycles. Mais je ne pense pas que ça meure définitivement.

     

    _var_log_tmp_phpc4Zg8cambiancem4.jpgAvez-vous des liens avec d’autres salles ? Avec ce qui se fait ailleurs en Belgique ? En Europe ?

    On est assez proches de salles comme le Rockerill ou La Zone au niveau de l'esthétique et de la programmation. En Flandres, le Kreun programme quand même pas mal de choses qui viennent aussi au Magasin4.

     Au niveau Européen, on a finalement plus de contacts avec le public qui vient de Hollande, Allemagne et du nord de la France qu'avec d'autres salles. Il faut dire que notre modèle 100% bénévole n'est plus hyper répandu au niveau Européen.

     

    Si je suis un groupe, comment je dois faire pour venir jouer au Magasin 4 ? Et si je suis une asso qui veut y organiser une soirée, comment cela fonctionne ?

    Au niveau des groupes, si vous êtes dispo hors tournée (belge ou groupes frontaliers), le mieux c'est d'envoyer votre démo au Magasin4. On a une réunion d'écoute mensuelle et en général, on y décide de quel groupe peut venir jouer.

    Si vous êtes en tournée, envoyez-nous un mail à info@magasin4.be. C'est aussi intéressant de consulter notre site pour savoir ce qu'on programme. Si vous faites du rock commercial ou du pop rock ou de l'electro clubbing, nous ne programmons pas ces styles. Pour les styles spécifiques, c'est mieux aussi de contacter directement les organisations spécialisées qui font les coproductions (comme pour le Hip Hop ou le Black Métal, par exemple).

    Si vous êtes coproducteurs, prenez-vous longtemps à l'avance. On ne fait que 4 à 5 coproductions par mois. Ce qui veut dire que c'est très rapidement complet. La décision dépend de l'intérêt marqué par l'équipe pour la date. On est bénévoles et ce sont souvent des dates avec une grosse charge de travail.

     

    Quand je viens au Magasin 4, j’ai chaque fois l’impression d’arriver en terrain connu. Les gens sont accueillants, on te dit bonjour, on vient vers toi. On est loin de la froideur des salles officielles. Est-ce voulu ? Avez-vous un public qui suit vos activités ? Ou le public varie-t-il fortement en fonction des groupes et des styles proposés ?

    L'idée de Magasin4, c'est d'être centré sur l'humain et la musique. Le fait d'être bénévole signifie que les gens choisissent d'être là. Il y a donc une convivialité dans l'équipe qui se reflète dans l'atmosphère du lieu.

    Il y a des publics différents. C'est souvent lié aux styles de musique. Parfois, j'entends certaines personnes parler du Magasin4 en connaisseurs 'au Magasin4, c'est comme cela' mais souvent ce n'est qu'une vision de la salle pour un type de musique lors d'un évènement particulier. C'est très différent dans la profondeur. On a donc beaucoup des publics très variés !

     

    _var_log_tmp_phpaxIeMq6317928804_fdc027804b_b.jpgPour continuer quelques questions concernant 20 ans de vie :

     

    • Quel est le premier concert programmé au M4 ?

    Pierre Vervlosem le 11/12/1994

     

    • Quel est le dernier concert qui a eu lieu ?   La Boum de Noël le 22/22/2014

    • Combien de groupes différents ont déjà joué au M4 ? Combien y a-t-il eu de soirées concerts ?

      3708 groupes ont joué au Magasin4 pour environ 5000 soirées
    • Quel est le groupe à y avoir foutu le plus souvent les pieds ? Et la dizaine de tête ?

      Voici le top 20 dans l'ordre: Pneumatic Head Compressor (BE), PPz30 (BE), René Binamé (BE), Bloodshot (BE), Raxinasky (BE), Double Nelson (FR), Arkangel (BE), Length Of Time (BE), DJ Flying Platane (BE), Dollsex (BE), K Branding (BE), Skarbone 14 (BE), Bass Culture (BE), Dark Sensation (BE), Hitch (BE), Pepper Seed (BE), The Semitones (BE), Uriel (BE), Kermess (BE)
    • Quel est le plus gros bide organisé au M4 ?

    A l'ancien Magasin4, 1 personne qui avait été remboursée mais je ne me souviens pas du concert

    Au nouveau, on a eu deux fois 4 entrées: pour Pak (projet de Ron Anderson) et Bear Claw. Les deux fois, les concerts ont été excellents. Le qualité n'a aucun lien avec le nombre de personnes qui viennent. Donc bide au niveau entrée mais pas au niveau artistique

    Au niveau humain, certainement Prostitute Disfigurement. Des idiots finis qui saccagent tout et qui t'insultent et te menacent par après sur Internet. J'ai aussi un très mauvais souvenirs de Planet of Zeus qui s'était comportés comme des cons. En général, on n'aime pas trop les rock stars.

    En terme artistique, je dirais un package en coproduction : The Word Alive, I See Stars et DayShell. Une sorte d'horrible mélange de Korn et de Prodigy joué à moitié en playback. Et ce n'est pas très grave de faire salle vide quand on fait de la musique underground mais quand on fait du commercial, c'est vraiment ridicule

    • Peux-tu me donner quelques anecdotes en plus ...

    On pourrait parler des groupes qui demandent des ventilateurs pour la scène en passant par des groupes qui ont des exigences farfelues où l'état des toilettes après certaines soirées mais je retiendrais une anecdote personnelle avec Oxes: leurs disques devaient arriver au M4 mais étaient au dépôt à Berchem. J'ai dû réveiller un des guitaristes qui dormait et on est parti avec leur van jusque-là. Bref, à 19h j'étais toujours à Berchem avec les portes du M4 qui s'ouvraient et en duplex avec l'équipe sur place. Mais l'aspect anecdote, c'était la tenue du musicien: tongues, short et chemise Hawaii. Tout ça dans un entrepôt à Berchem!

     

    10390439_754110211331133_7071235544034448282_n.jpgPassons à des questions plus « sérieuses ».

    Quel groupe rêveriez-vous de faire jouer au Magasin 4 et qui est inaccessible ?

    Exploited, Shellac, Merzbow, Melvins, The Young Gods…En espérant qu'ils soient un jour accessibles ! Mais on en a déjà fait beaucoup !

     

    Pour faire la sécurité au M4, plutôt Jean-Claude Van Damme ou Maggie De Block ?

    Van Damme, il est beaucoup plus aware

    Si vous pouviez programmer une soirée avec 10 groupes qui retraceraient l’histoire du M4, quelle serait cet affiche (vous avez le pouvoir de faire jouer des morts) ?

    Voir le top 10 des groupes ayant le plus joué au Magasin4

    Plutôt Slugs ou Binam ?

    Binam qui jouent des reprises des Slugs

    Plutôt Ponpon au Jean-Luc Maitrank ?

    Ponpon qui boît un maitrank

    Plutôt Tagada Jones ou Parabellum ?

    Tagada Jones qui fait un hommage à Schultz

    Plutôt une soirée black métal polonaise ou reggae antillaise ?

    On préfère le reggae polonais et le black métal antillais

     

    Je te laisse le mot de la fin, n’hésite pas à ajouter quelques choses et te remercie pour tes réponses.

    Ce n'est pas de la musique.

     

    Mr Pierre

  • Interview Lolo (guitariste de Wank For Peace)

    Petite interview de Laurent, guitariste de Wank For Peace. Interview rédigée avant leur tournée d'octobre, reçue en retour durant la tournée et publiée fin novembre.

    wank for peace-Hello Lolo, tu es guitariste pour Wank For Peace. Le groupe a pas mal d’actualité pour le moment. Peux-tu m’en dire plus sur l’album qui sort et sur les projets concert en cours ?

    Hello Mr Pierre, « Fail Forward », notre second disque, sort début octobre, on tourne du 10 octobre au 14 novembre avec nos amis de Prevenge (CA) les 2 premières semaines. On se fait le Royaume-unis, l’Allemagne, la Suisse, la République tchèque, l’Espagne et La France. On termine avec les canadiens à Angers le 25 oct, on les dépose le lendemain à l’aéroport et on passe par chez vous (Bruxelles) le 26 pour se rendre en Russie, Ukraine.

    -Si je ne me trompe le groupe a pas mal changé depuis les débuts en 2008. Peux-tu me faire un peu l’histoire du groupe sur les 6 ans d’existence ?

    On a commencé à 4, David, Florent, Jaw et moi. Après quelques dates Jaw a souhaité arrêter, je crois que le weekend CHOLET, NEVERS ne l’a pas séduit.
    Ensuite on a eu notre ami Arnaud de Daria qui nous a pas mal aidé pendant plusieurs mois en attendant de rencontrer Charly… Jusqu’à ce que Charly arrête le groupe et que l’on récupère Florian Renault de The Forks pour nous dépanner 15 jours en avril 2012. Au final il est toujours là, après plus de 2 ans et demi ….

    Entre temps on a eu Antoine (basse dans Homesick), Gauthier le casseur de poignée (The helltons /Intenable ) qui nous ont aussi aidé. Quand Charly a arrêté, David a déménagé à Toulouse, besoin de changement du coup notre pote Julien Monard (ex Kilo, Sexypop, Kyo) est venu jouer la basse dans le groupe. Jusqu’à ce que Julien le motard déménage en Allemagne et que David revienne dans le groupe. Même si la distance est un inconvénient, ça paraissait pas mal évident de l’avoir parmis nous.

    Fin 2013 Julien est revenu sur Angers, il nous a montré sa grosse motivation. Nous sommes donc 5 maintenant, Florian Renault de The florks a essayé de s’échapper plusieurs fois mais on a réussi à le garder. En même temps avec un peu d’herbe et une playstation tu peux facilement faire changer d’avis quelqu’un.

    -Le groupe est pas mal étendu à travers la France avec un bassiste qui habite à Toulouse, certains la région de Nantes/Angers et un qui se déplace à Paris (si mes infos sont bonnes). Comment faites-vous pour répéter ? Pour composer ? Pour enregistrer ?

    C’est même pire que ça, aujourd’hui c’est Rennes, Toulouse, Paris, et Angers. On compose, on s’envoie des mails, on se prévoit des weekends de repète/compos plutôt que de concerts et ça le fait.
    On a réussi à faire un disque comme ça, on s’organise tant bien que mal, on se prévoit des weekends.


    wank for peace-Vous avez tourné inlassablement avec Wank For Peace durant ces 6 années ? Peux-tu me raconter comment se passe une tournée pour Wank For Peace ? J’imagine que vous êtes du genre à partir dès que l’occasion se présente en voyant le paquet de dates faites. Ça doit faire un paquet de pays visités ? Quels sont aussi les pays où vous aimeriez aller et que vous n’avez pas encore visité ?

    Ça fait 4 ans que l’on tourne à fond, on a rarement refusé des plans. Un tournée ça se passe avec le minimum de day off et le maximum de rencontres. On doit être à 20 pays visités.

    On a pas mal envie d’aller partout, pas de favoris, l’Asie, l’Amérique du Sud, le royaume de Belgique?

    -Wank For Peace organise aussi à l’occasion quelques concerts punk-rock à Angers. Peux-tu me dire comment ça se passe ? C’est épisodique ? Au coup par coup ? Vous êtes aussi derrière le projet Angers Punk Rock shows ?

    Angers Punk rock show rassemble 2, 3 assos qui gèrent des concerts sur Angers. Avec les gars on organise des concerts depuis qu’on a 15ans (Flo le faisait à laval, Mareau et moi on le faisait à Beaucouzé) .
    On fait ce qu’on peut dans des "café-concerts", les 6 premiers mois de 2014 on a pas trop joué avec Wank pour composer donc on a quasi accepté tous les plans qu’on nous envoyait, on a dû organiser une dizaine de dates, en général ça dépend de nos dispos, des dispos des cafés concerts.

    wank for peace-Peux-tu aussi m’en dire plus sur ton deuxième projet, le label Des Ciseaux et Une Photocopieuse ? Pourquoi un tel nom ? Si je ne me trompe, le projet est complètement DIY ?

    Le label est né avec les tournées. Tu rencontres des groupes cools, tu souhaites leur filer un coup de main, tu choisis un nom qui colle à l’aide que tu vas apporter.
    On essaie de participer grâce à la sérigraphie aux sorties. Notre participation c’est du carton et de l’encre.
    On a parfois rien fait, par manque de temps, (bisou aux Traders).

    -Quels sont les futures sorties pour DC & UP ?

    Un bon gros queudal. On a la tête dans la sortie du Wank, on est pas mal fauché, on ne pourra malheureusement rien sortir avant un bon bout de temps. Si on avait pu filer un coup de main aux petits frère de LA RUPTURE on l’aurait fait, mais ils impriment leur EP eux même, et CanIsay? sort avec Slow death leur disque donc c’est déjà tout bon.


    -Comment travaille le label ? Cela vaut-il la peine de vous envoyer plein de mails pour sortir un disque ?

    Ça ne sert pas à grand chose de nous envoyer des mails pour sortir le disque, On est pas un vrai label, on ne fait pas de promos, par contre on aime bien la musique.

    wank for peace-Quelques petites dernières questions très importantes pour la fin ! Quels sont les meilleurs (ou le) concert(s) que tu as ? Que vous avez fait ?

    Paint it black au Groezrock 2014, une leçon, Kid Dynamite en 2013 (pre groezrock), j'aime beaucoup le groupe Astpai, leurs lives sont tellement sincères ! J'ai pas mal fait le zinzin devant "I am the avalanche" au fest (Floride)

    Avec Wank toutes les dates dans l’Europe de l’est sont assez dingues, pour le meilleur et pour le pire.

    -Quels sont les 10 disques que tu garderais si tu ne pouvais en garder que 10 ?

    Là de suite… je vais dire

    Hold tight -call the zoo
    The sidekicks - Awkward Breeds
    Johnny Hallyday - Ca ne finira jamais/le gang.
    Box car racer - S/T
    Blink 182 - Take off
    Sling 69 - The threatened kind
    The Steal- les 2 albums
    Iron chic-pareil
    Passi- les tentations
    Captain we're sinking - it's'a trap


    -Quels disques offrirais-tu à ton meilleur ami ? à ta mère ? à ton pire ennemi ?

    Mon meilleur ami je lui offre le dernier Hostage Calm, Everytime I Die, Pneu et le dernier Dee Cracks.
    Ma mère je lui offre le disque de No Gods Or Kings et mon ennemi je lui offre rien.

    -Quel est le premier disque que tu as acheté ? Et celui dont tu as honte dans ta discothèque ?

    Je me souviens d’un disque de KYO, mais j’en ai pas honte, j’ai toute la discographie de la team NOWHERE

    -Et sinon, plutôt Rocky ou Rambo ?

    Johnny hallyday.

    -Merci, je te laisse le mot de la fin

    Terminé Bonsoir.

  • Interview Forest Pooky (Forest Pooky, Sons Of Buddha, The Pookies, ...)

    Salut Forest, tu viens de renter d’une tournée acoustique avec ton frère et Sons Of Buddha. Comment cela s’est passé ?

    Salut Pierre, ça s'est bien passé. C'est assez cool de ne pas être seul dans la voiture, sans parler du partage de la conduite. On a donné 26 concerts en 25 jours et parcouru un peu plus de 4500km principalement en France mais aussi en Belgique et en Suisse. Les concerts ont eu lieu dans des endroits classiques, tout comme dans des lieux plus atypiques. Je pense notamment à l'Oyats Café à Arès, sur le bassin d'Arcachon, où nous avons joué sur une terrasse sur fond de coucher de soleil, un fort beau souvenir!

    forest pooky,annita babyface and the tasty poneys,sons of buddha,black zombie processionPeux-tu m’en dire un peu plus au sujet du projet Sons Of Buddha. Depuis quand le groupe existe, qui le compose, les albums, ... ? Ce projet est parfois un trio élecrique, parfois un duo acoustique (avec le batteur qui passe à la guitare !), peux-tu expliquer le pourquoi des deux formules ? Quels sont les projets futurs pour le groupe ?

    SOB s'est fait tout doucement au fil des années depuis 2003 à peu près. D'abord pour s'aérer de nos groupes respectifs de l'époque, UncommonMenFromMars pour Ed, et les Pookies en ce qui me concerne. C'est devenu un "side project" plus concret à la sortie du premier album enregistré à deux, fin 2004, moment ou Patrick de Serves (Isp, Bad Chickens, Canibal Mosquitos) nous à rejoins à la basse pour le live.

    On a fait notre première tournée acoustique pour la sortie de "Buddha Hates Us All'' en 2008, en train. Ceci afin de promouvoir la tournée electrique qui allait suivre quelques semaines plus tard. Une première à l'époque pour nous, et je crois, une excellente expérience! On cherchait à promouvoir l'album au mieux avec le peu de temps qui nous était donné car UMFM tournait sans relâche et restait évidemment la priorité de mon frère.

    L'expérience ayant fait ses preuves, on a remis ça pour "Didoudam", notre nouvel album sorti en septembre dernier, encore une fois, sur Dirty Witch Rds.

    On est à l'affiche, le 3 août prochain, sur l'Xtrême Fest à côté de Nofx, Lagawagon, Obituary, Sick of it All…On va passer un bon moment! Sinon, une tournée SOB / Not Scientists se profile sur octobre et on devrait faire un peu de studio et des dates  à l'étranger début 2015 mais tout ça reste à caler!

    Tu as d’autres projets en dehors de SONS OF BUDDHA. De mon côté, je liste les anciens Pookies, un passage très court dans Guerilla Poubelle, la guitare dans Annita Babyface and The Tasty Poneys, des passages au chant dans Napoleon Solo et Black Zombie Procession et puis, ton projet solo, Forest Pooky. Est-ce exact ? Ai-je oublié des groupes ? Pourquoi multiplier les projets ?

    Il me semble que tu as nommé tous les groupes dans lesquels je suis ou j'ai été "titulaire".

    J'ai effectivement effectué des remplacements ponctuels dans Guerilla Poubelle mais aussi dans Condkoï (Albi), Bad Chickens (Valence), Flying Donuts (Nancy) et même UncommonMenFromMars.

    Les remplacements sont toujours très amusants. Être simple exécutant est vraiment dépaysant!

    Je pense que l'effet "gang" d'un groupe, ou l'idée qu'on doit être fidèle à un seul orchestre est une hérésie. La musique doit rester un moyen de s'émanciper et donc de partager sa passion avec un maximum de gens. Ça permet aussi d'ouvrir son esprit, de le confronter à d'autres points de vue, de manières de composer, de jouer…

    stunts_fights_and_mariachies.jpgThe Pookies est un des meilleurs groupes que j’ai eu l’occasion de voir en live. Peux-tu m’en dire plus sur le groupe ? La genèse, les battles live, la fin, ... Un retour est-il possible ?

    Eh bien merci, je suis flatté. The Pookies (1998-2008), un trio, une equation explosive qui s'est auto-détruite après 10 ans, beaucoup de concerts mais un seul album sorti en 2005, là aussi, chez Dirty Witch Rds.  On  s'est rencontré adolescents via des connaissances communes, un peu par hasard. La rencontre avec nos amis du groupe SWAD (dont le hasard est lui aussi responsable! ),  nous a mené à ce que l'on a nommé le BATTLE ROCK. Le principe, inspiré des battle hip-hop, était de s'affronter (The Pookies Vs Swad) au milieu du publique, en jouant un de nos titres, chacun notre tour, tout en se faisant des crasses (moqueries, gaffer les cordes des guitare, se jeter des pétards, retirer les cymbales…) Il est déjà arrivé qu'on s'engueule vraiment après un Battle quand on allait un peu trop loin dans la bêtise! Ceci dit, notre amitié tiens bien le coup. On se revoit encore souvent.

    10 ans plus tard, en 2008, Fred (guitare) est parti s'installer à Madrid pour parfaire son jeu de flamenco et Loup (Batterie) est parti en Islande. Un éloignement de 2/3 d'un groupe qui compromet pas mal sa survie!

    Un retour a été envisagé en décembre dernier mais avorté. Je pense que c'est mieux comme ça. Profitons des bons souvenirs et regardons vers l'avenir. Fred a sorti un album de flamenco en solo l'année dernière, Loup tourne pas mal avec son projet "Deux Boules Vanilles" et je suis occupé de mon côté, avec plusieurs projets en cours de maturation.

    kronik1237207037-1.jpgAnnita Babyface est aussi mort ? Pourquoi avoir arrêté ce projet  qui n’a pas pris la route très longtemps ?

    Les groupes ont une vie plus ou moins limitée. Ça dépend de l'alchimie au contact des différents membres. J'ai quitté le groupe pour incompatibilité d'humeur avec Annita, tout simplement. Le groupe a toujours des projets en cours avec un autre guitariste, quant à moi, je bosse sur la formule trio Ben Bacon (basse) et Le Bazile (batterie) sous le nom "Supermunk". J'espère que l'on pourra enregistrer et donner quelques concerts courant 2015.

    Pourquoi varier les groupes ? Comment cela se fait que tu quittes un groupe comme Black Zombie Procession qui continue maintenant sans toi ? Ou que tu rejoignes un projet comme Napoleon Solo, qui existait avant sans toi (si je ne me trompe) ?

    J'ai été invité à intégrer BZP mi-2007, juste avant la fin des Pookies. Jouer avec des potes en tenant un poste nouveau pour moi, il m'aurait été impossible de refuser! J'ai quitté le groupe après une longue période d'inactivité du groupe. Lorsque Sam a voulu reprendre j'étais engagé ailleurs. Exact même schéma pour Napoléon Solo, j'ai remplacé celui-là même qui quitta BZP en 2007. Encore une fois, l'intérêt principale est l'enrichissement musical et humain de tous ces moments de partage. Grâce à ça, si je mourrai demain on pourrait inscrire : "S'est bien amusé, est satisfait de la vie passé" sur ma tombe.

    Toi, qui multiplie les groupes, n’as-tu jamais pensé à faire un « groupe famillial » avec tes 3 frères qui jouent dans Uncommonmenfrommars ?

    Si, bien sûr. Mais vu les zigotos que nous sommes et les vies personnelles/musicales que l'on mène ce serait un chantier de très, très grande envergure. Il nous faudrait un sacré architecte pour faire tenir tout ça ensemble!

    Quel est le futur, de ton projet « principal » : Forest Pooky ? Des nouvelles dates ? Un nouveau disque, de nouvelles chansons ?

    Je suis programmé sur quelques festivals cet été, j'ai été invité en Finlande pour une tournée courant septembre, ce qui est super excitant! Je bosse en ce moment sur de nouvelles chansons. J'aimerai sortir un nouvel album l'hiver prochain mais je n'ai aucune pression particulière, ni de deadline alors je me laisse un peu porter par l'inspiration.

    Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer seul avec ta guitare (et ta voiture) et de passer ton temps sur la route ? N’est-ce parfois pas trop « dur » de se trouver seul sur la route pour une longue période ?

    L'arrêt des Pookies, mon premier groupe, mon premier amour, m'a mis un coup. N'est-ce-pas le premier chagrin d'amour le plus douloureux, le plus insurmontable? Le projet solo fut une sorte de réaction d'auto-défense contre la peine et la douleur des éventuels futurs split. Quoi qu'on en dise, spliter en solo est impossible. Le revers de la médaille est effectivement une sorte de solitude puisque je prends la route très souvent seul pour les tournées acoustique et la route est la plus grosse partie de la journée d'un p'tit gars en tournée! Cela dit, j'essai d'être accompagné de plus en plus soit par Frederico El Ladron au cajon, soit par un autre collègue tel Kepi Ghoulie ou Phill Reynolds avec qui je serais en tournée Européenne en décembre. 

    579148_628527783853818_922248475_n.jpgComme se passe, une journée « type » de Forest sur la route ?

    J'essaie de dormir le plus longtemps possible pour ménager mes cordes vocales. Une fois réveillé, je chasse les codes Wifi et une tasse de café pour rester à jour de mes mails, faire un peu de promo, préparer les dates à venir et la route de la journée. Je mange un bout et je prend la route en début d'après midi pour me rendre à la salle de concert. De là, on reprend les habitudes de tournée. J'installe le stand de manière à ce que ce soit joli et sympa, je balance, on boit parfois l'apéro avec les organisateurs qui me parlent de la scène locale ou de l'actualité du pays dans lequel je me trouve. Le diner "home made" ou la pizza arrive, le public s'en vient, le concert se passe dans la joie et je passe un bon moment à discuter avec les gens. Certains m'achète même un album ou un t-shirt, un geste qui paraît banal mais, pour moi, c'est un signe de soutien et d'encouragement dont le public n'est pas toujours bien conscient. Quand tu files 5€ ou10€ au stand d'un groupe en tournée ça n'a l'air de rien mais ce que tu dis c'est :''merci pour ce que tu as fait ce soir, j'ai aimé, continu, je t'encourage…". Ce n'est pas anodin et c'est important de le rappeler. Merci à vous, les gens qui soutenez les artistes!

    Peux-tu aussi lister quelques groupes qui t’influencent ? Qui t’ont influencé avec tes différents projets ? Quels sont les trucs que tu écoutes dans ta voiture en tournée ?

    Lemonheads, les albums 'It's a shame about Ray' et l'éponyme de 2006 m'ont beaucoup influencé. Bob Mould en solo ou avec Sugar. Samiam avec "You're Freaking Me Out", excellent album! En ce moment dans la voiture j'écoute l'album "Has Been" de William Shatner, le dernier Bob Mould et l'album acoustique à venir de Kepi Ghoulie qu'on a enregistré ensemble pendant 2 jours off, lors de notre tournée d'octobre 2013. Je l'ai vu voilà 2 jours et il m'a filé le master. Ça sortira à la rentrée je crois.

    Peux-tu aussi me citer les concerts qui t’ont marqués ? Les tiens ... et ceux des autres ?

    Burning heads au Pez-ner à la sortie de Super Modern World en 1996. C'est le premier concert pour lequel j'ai payé ma place. Un festival Fat WreckChords près de Marseille ou je me suis rendu avec mes frangins pour voir NUFAN, Tilt, Consumed…et d'autres. J'ai pogoté comme un âne, un super souvenir… Les premières fois que j'ai vu Bad Religion, Nofx, Nada Surf, Foo Fighters…J'en oubli sans doute plein!!!

    Evidemment, mon tout premier concert en tant que musicien. C'était dans un amphithéâtre de l'université de Lyon 2. Je dois avoir la VHS de ce concert quelque part dans mes cartons! HAHAHA!

    Passons à des questions plus « sérieuses ». Quel est le premier disque acheté ? Et le dernier ?

    Le premier disque fut sans doute "Leche Con Carne" de No Use For A Name. J'ai appris toutes les paroles par cœur et appris à jouer de la basse sur cet album.

    Le dernier, est celui de Paper Arms, un groupe australien que j'ai vu jouer à Paris. Le concert était cool et j'ai acheté l'album. Pas super sur skeud mais je suis heureux d'avoir participé à leur effort de tournée!

    Quel disque peut-on trouver dans ta discographie dont tu as un peu honte de l’achat ?

    Je n'ai honte d'aucun de mes disques achetés, vraiment!

    Et si tu ne devais retenir que 10 disques à écouter jusqu’à la fin de tes jours ?

    Compliqué…je vais noter les premiers qui me viennent à l'esprit, comme ça, spontanément :

    Samiam – you're freaking me out

    Lemonheads – It's a shame about ray

    No use for a name – Leche con carne

    Nada Surf – Let Go

    Foo Fighters – the color and the shape

    Wiliam Shatner – Has Been

    Cooper – Makes Tomorrow Alright

    Bob Mould – Silver Age

    Deus – A bar under the sea

    Burning Airlines - Identikit

    Le disque que tu offrirais à ton meilleur ami ? A ta mère ? A ton pire ennemi ?

    A mon meilleur ami :  Kepi Ghoulie – Kepi for Kids

    A ma mère – Masked Intruder

    A mon pire ennemi – Si l'on considère que je suis mon propre pire ennemi, ce qui d'un point de vue philosophique se tient…je lui offrirai le nouveau Nerf Herder qui ne saurait tarder!!!

    De mon côté, je pense avoir fait le tour de ce que j’avais à te demander ... je te laisse donc le mot de la fin.

    Alors, Fin!

    Merci. Mr Pierre

  • Interview Jeremy Robin (Tcheck L'assos, Bolster Your Friend, Acouphènes, ...)

    jeremrobin.jpgHello Jérémy, peux-tu te présenter en quelques mots hormis le fait que tu es un des piliers de la scène lilloise.

    Alors, Jérémy 27 ans célibataire organisateur de concert ...  euh en fait je suis aussi comptable la journée. Depuis mi-2009 je m’investis dans les associations plus ou moins officielles de Promotion de la musique dans la région Nord Pas de Calais. 

    Je vois que tu fais partie d’un paquet d’asso et si je ne me trompe sans jamais en être le fondateur. Si c’est le cas, pourquoi n’es-tu pas à la base de ta propre asso ?

    J’ai co-fondé plusieurs associations. Fuckable Assos fin 2009 mais j’en suis parti, Bolster Your Friends en juillet 2012 et dernièrement  Tcheck la Oi et Goodnight Gleen Rogers.

    Pourquoi je n’ai pas ma propre asso c’est parce que à la base je suis bénévole dans ces associations et à force d’implication. De ce fait je me retrouve avec des associés qui ont chacun des gouts musicaux distincts, ce qui fait que en fonction du style de concert j’implique telle ou telle association. C’est aussi le moyen de donner une identité au public et de faciliter la communication entre les associations histoire de pas faire le même style le même soir.

    bolsteryf.jpgOn va passer à la présentation des assos dans lesquels tu es actif. On commence par Bolster Your Friends, anciennement Desinvolture Nordiste.

    Pour le coup oui c’est anciennement DN qui ne compte plus que Vincent et Moi et ce que nous souhaitions faire c’est de soutenir et aider nos amis en tournée et continuer une programmation moins soutenue en punk-rock / pop-punk

    On suit avec Tcheck L’assos et Tchek La Oï.

    Tcheck L’assos c’est la première association que j’ai rejoint et on fête les 6 ans ce mois-ci (en mars 2014 ... la réception de l’interview ayant eu du retard). C’est à la base orienté punk ska hardcore mais ça a évolué vers un style plus street punk.
    Tcheck La Oi est né du besoin et l’envie de faire des concert Oi pour l’instant nous n’avons organisé qu’un seul concert mais le deuxième sera bientôt annoncé.

    On continue avec Goodnight Glenn Rogers.

    Depuis un an mes goûts musicaux évoluent, j’ai donc organisé des concerts de post hardcore et post rock qui me plaisaient beaucoup, sous le nom BYF ou UFV ou autres mais c’était vraiment histoire de mettre une asso. Je voulais vraiment donner une identité à ce style et à son public. J’ai donc choisi de monter un projet avec des amis même si pour l’instant rien n’est bien défini.

    Ensuite, Street Are Talking.

    C’est l’association de mon ami et colocataire John qui aime beaucoup le HxC, il y a pas eu encore beaucoup d’organisation mais on va faire un peu vivre cette scène.  

    Tu participes aussi à quelques labels comme UFV Records et un tout nouveau label qui vient de voir le jour, Acouphènes Records.

    Tout à fait j’aide comme je peux notre Greg National quand il a besoin avec Uproar For Veneration. Dernièrement avec Gaël, nous avons pris la décision de créer un label afin d’aider encore les groupes locaux. C’est les copains de Slice of Life qui ont fait chavirer notre cœur et poussé cette décision de fonder un label dans la continuité du blog et de la radio.

    acouphene.pngAcouphènes, ce n’est d’ailleurs pas qu’un label si je ne me trompe, mais ça trempe dans pas mal de domaine de la scène musicale. Peux-tu nous en dire plus.

    Effectivement c’est à la base un blog regroupant nos live-reports de la scène alternative, on se veut ouvert à tout auteur, nous avons aussi mis en ligne un agenda concert qui a un franc succès. Et après un peu plus d’un an d’existence Gael et moi-même nous sommes lancés à l’assaut de Radio Campus Lille. Acouphènes c’est vraiment un grand plaisir et une autre manière que l’orga de concerts pour partager notre passion de la musique. J’aime à croire qu’un jour un beau lieu associatif verra le jour sous le nom Acouphènes.

    Et pour finir, trempes-tu encore dans d’autres assos ?

    Oui j’aide à l’occasion Mika Don’t Trust This Hype avec son asso d’orgas de concert « Anticore ». Et aussi une asso plus de soutiens à l’environnement actuel de Lille qui est GEMAL, pas vraiment actif encore mais il va falloir s’y mettre pour sauvegarder la scène local et sa diversité.

    J’ai toujours été admiratif de la scène lilloise, il y a un paquet d’assos, il y a pas mal de lieux. Mais j’ai l’impression que c’est tout doucement en train de changer. Il y a pas mal d’assos qui font beaucoup moins et il y a pas mal de café concerts qui ferment. Peux-tu nous expliquer ce qui se passe ?

    On a le sentiment que la mairie désire voir disparaitre les cafés-concerts. C’est devenu un débat récurent dans les bars, on voit de plus en plus le public, les assos, les musiciens et les patrons de bars se révolter face à ces débarquement de la police municipal, sans réel fondement. Car oui, si on suit à la lettre la loi française toute cette scène et cette musique n’a pas le droit ni le pouvoir d’exister mais historiquement la région Nord-Pas-de-Calais a toujours toléré ces concerts de « petits groupes » . Bizarrement quand on interroge la police, ils ne peuvent pas faire autrement : « se sont les ordres ». D’où viennent ils ?, je ne sais pas ; mais je vois bien que certain lieux n’ont aucune inquiétude à avoir… louche.

    Et si la police ne peut pas reprocher quoi que se soit à l’orga ou au bar, on voit arriver les douanes (et oui ! ami belge vendre tes cds dans nos concert c’est interdit …) ou même l’Urssaf pour du travail au noir … oui ben on a pas tous envie ni possibilité d’être des professionnels de la musique  et de demander 50par membres de groupes en plus du défraiement  … Ben oui je vais faire jouer mes potes (qui sont 5) à venir de Valenciennes pour jouer à Lille légalement je devrais payer facilement 300€ pour ce groupe … euh ils sont inconnus à Lille ; va y avoir 20 personnes 300/20 donc 15€ la place euh… non personne ! il y aura personne… bon ben les mecs je vous fais pas jouer. Donc si moi je refuse de les faire dans un petit bar pas trop loin de chez eux, personnes ne le fera. J’aime ma ville, j’aime mon pays, mais j’aimerai aussi que Lille devienne un exemple en France de Culture et de partage. Je suis optimiste et j’espere que les choses changeront.  

    Passons maintenant à tes goûts ? Tu organises et sillones pas mal les concerts, quel est le groupe que tu as vu le plus souvent ? Quel est le groupe qui t’as le plus marqué en live ? Quelle groupe a été une grosse déception ? Quel groupe as-tu vu le plus ?

    Je pense que c’est mon ami Flow (folk/punkrock) que j’ai vu le plus souvent en concert bien que j’ai suivi tous les concerts de 2 groupes de métal il y a quelques années : Arkanan et Hybrid Spirit. Alors pour mes goûts, ils changent évoluent  et j’ai l’impression au fur et à mesure des années de mieux comprendre les sons peut être aussi d’être plus sensible aux émotions transmisses. Mais dans ce tumulte de types musiques ce que j’aime c’est vraiment l’énergie dégagée que ce soit la joie d’un pop punk ou la mélancolie d’un  post rock ou la rage hardcore. J’écoute vraiment de tout en ce moment beaucoup d’indie-punk et de post rock, mais le live qui m’a le plus marqué est Mutiny on the Bounty groupe luxembourgeois qui jouait dans un hangar à Saint Jans Capel, un lieu unique pour un concert épique. Pour la grosse déception je pense direct à Marylin Manson au Grasspop 2009. Demi show, il traite la Belgique de pays de drogue et le public jette de la terre dans tout les sens pendant que le gus jette les boissons que l’intermittent lui apporte à chaque chanson.

    Quel groupe rêves-tu de faire jouer ? Quelle serait pour toi l’affiche de la soirée concert idéale ?

    J’aimerai beaucoup faire jouer Caspian avec Ed Wood Jr, Totorro et Fall of Messiah.

    Quel est ton premier cd acheté/reçu ? Quel est le dernier acheté/reçu ?

    Je dirai Manau – Panique Celtique 1999 et Flatcat - Heartless Machine 2014

    Si tu ne devais garder que 10 disques quels seraient-ils ?

    Touché Amoré – Survived
    Guano Apes – Proud Like A God

    In Sane – Trust These Hands… Are Worthless

    Sum 41 – Does This Look Infected

    At the Drive-In – Relationship of Command

    Apologies, I Have None – London

    The Restarts – Outsider

    RVIVR – The Beauty Between

    Sport – Colors

    The Offspring – Conspiracy of One

    Quel disque offrirais-tu à ton meilleur ami ? A ta mère ? A ton pire ennemi ?

    Mon meilleur ami IAM – Ombre est lumière

    A ma mere Totorro – Home Alone

    Euh pour le pire ennemi je dirai Verse – Aggression

    Merci, je te laisse le mot de la fin

    ... Quintessence

  • Interview Laurent F. (Corbillard/Struggling For Reason)

    corbillard,struggling for reason,skaira,naked in the cornHello Laurent, peux-tu présenter ton parcours musical en quelques mots. Dans quels groupes tu as joué ? Dans quels groupes tu joues actuellement ? Parle moi aussi des projets les plus obscurs et obscènes !

    Salut Piet !

    Mon parcours musical est d’une simplicité déconcertante !

    J’ai commencé à faire du rock comme pas mal de gens, à l’école, en 1995, avec mes potes Vince et Miguel, d’abord en reprenant (mal) les tubes interplanétaires de Nirvana, puis en nous lançant dans la composition de mélodies de haut vol. On était de parfaits autodidactes, et on a naturellement opté pour le punk-rock (le ska-punk, plus précisément), en découvrant plein de trucs excitants qui ne passaient pas en radio, et qui ont changé ma vie de manière radicale (Goldfinger, Rancid, NoFx, Ten Foot Pole, Pulley, Descendents, Voodoo Glow Skulls,… quasi toute la production Epitaph des golden years !)! Le projet s’appelait Naked In The Corn, et on a passé plus de temps à faire les andouilles dans notre local de répétition que partout ailleurs. Quelques belles scènes malgré tout à notre palmarès, comme Le Wally Gat Rock et le Verdur Rock, dont nous avons remporté le concours en 1998, ce qui nous a permis de partir faire une paire de dates au Canada ! J’ai joué aussi parallèlement à Naked dans un groupe de… rock progressif, Khâ Domsky A, chouette expérience, mais trop éloignée de l’énergie et la spontanéité punk. Puis pour diverses raisons, les répés se sont espacées, les études ou d’autres loisirs ont pris le pas et Naked a été mis en stand-by.

    C’est à ce moment que j’ai fait la connaissance des gars de Skaïra. Fab, un ancien guitariste des Naked avait intégré ce groupe un peu plus, tôt. Ils étaient venus enregistrer leur démo au studio que nous avons Vince et moi, Vince les a rejoint au trombone dans la foulée, puis en 2003 lorsque leur batteur les a quittés, j’ai assuré l’intérim. Un intérim qui a duré…6 ans !

    Mais après ces nombreuses années de ska-punk, sur la fin de Skaïra, les trompettes et mirlitons me bourraient un peu. On a fait des trucs vraiment bien et pas mal bougé, notamment un mémorable passage aux Francofolies, avec nos reprises punk du Grand Jojo en 2006 !!! Mais j’avais envie de faire un truc plus « Pan! Dans ta gueule ». On a donc lancé en 2008 avec Matu et Jay (respectivement trompettiste et bassiste de Skaïra) Struggling For Reason, axé sur le punk-hardcore 90’s à la Good Riddance ! Le truc, c’était que Matu passe à la batterie, instrument qui l’excitait autrement que la trompette. Alors j’ai commencé la guitare parce que deux batteries, c’est chiant à transporter.

    Et parce que la guitare, c’est bien, mais taper, c’est mieux, j’me suis laissé débaucher par les gaillards de ce qui allait devenir Corbillard. J’avais entendu, de  source bien informée, que Flo et Jon voulaient monter un projet punk-rock en français et cherchaient un batteur… j’ai posé une candidature spontanée qui a été acceptée pour mon plus grand bonheur !

    Il y a aussi eu des projets complètement inutiles mais tellement biens comme le Fraggle Jazz (des heures d’expérimentations bruitistes et atonales), Simska 1000 (une ode au bon goût), Les Enzymes gloutons (des reprises dégueulasses de Barzotti, entre autres !),…

     

    Parlons un peu des groupes actuels. On va commencer avec Corbillard qui a pas mal d’actualité pour le moment. Peux-tu nous en dire plus.

    Bin là, on attend avec impatience la livraison de notre nouvel album « ENFONCER LE CLOU », qui sort officiellement le 30/04 et officieusement dès qu’on aura les boîtes !

    On a gardé la recette de « J’irai m’crasher sur vos tombes », mais plus aboutie. C’est globalement un peu plus sombre, mais toujours avec les mélodies magiques de Flo en contrepoint.

    Il y aura 2 releases, une pour la France le 30/04 au El Diablo, à Lille, puis une à Lessines, dans notre jardin, au CCRM, avec la complicité de Fête du Bruit, le 09/05.

    Un clip est aussi en préparation, sous la houlette de Quentin, qui a bossé aussi sur l’artwork de l’album. Et ça dégomme !!!! On a hâte de recevoir tout ça !

    Puis Flow est papa, aussi ! C'est pas de l’actualité, ça ? Dans ta gueule, Closer !

     

    corbillard,struggling for reason,skaira,naked in the cornExplique nous aussi un peu la genèse de Corbillard et l’histoire du groupe lors des dernières années.

    C’est lors d’un des derniers concerts de Skaïra que j’ai entendu cette rumeur magnifique : Flo, de Wash Out Test et Poulycroc, qu’on connaissait bien pour avoir partagé plus d’une fois les scènes belges, et un nombre incalculable de canettes trouées à coup de clés, remontait un projet punk. Il s’était adjoint les services de JonBeat, de Skarbone 14, qu’on ne présente plus, et de Flow, LE Flow, un ancien des Skallog’s, troubadour à ses heures ! Ils étaient à la recherche d’un batteur. Je pense qu’ils en avaient auditionnés quelques-uns d’ailleurs. 

    J’ai sauté sur la balle et demandé au Chevalier blanc et à Alex de soumettre ma candidature. Bingo, on répétait une semaine après, et on décrochait dans la foulée notre premier concert après 15 jours ! Il y en a eu 150 depuis !

     

    Le deuxième groupe dans lequel tu joues est Struggling For Reason. Tu y joues la guitare, pourquoi pas la batterie comme dans Corbillard ?

    Lorsqu’on a créé Struggling, Matu, Jay et moi, le but était de pouvoir jouer les compos trop punk-rock qui ne correspondaient pas trop à Skaïra, plus ska et « poppy ». On s’était rendu compte qu’elles étaient de plus en plus nombreuses, et de mieux en mieux foutues.

    Un foutu Docteur Jeckyll & Mister Hyde de bazar, en quelque sorte.

    Une des conditions de Matu était de laisser tomber la trompette pour passer à la batterie. Nous l’avons tous encouragé dans cette voie, pour le bien de tout le monde !

    Du coup, bin il restait le chant, la basse ou la guitare à pourvoir. J’ai pris le truc où j’étais le moins infâme, tout bêtement !

     

    Le groupe en 6 ans a déjà sorti 4 ep différents. C’est assez prolifique et assez rare. Comptez-vous continuer à ce rythme ? Et pourquoi ne pas sortir un album ? Et aussi, pourquoi être en costard pour jouer du punk-rock ?

    Aha !!! Cette question des EP’s en intrigue plus d’un !

    Avec S4R, on est des putain de têtes de mules. On a lancé ce « concept » de groupe qui ne sort que des EP pour plein de bonnes et mauvaises raisons. Mais principalement pour sortir régulièrement des trucs, pour continuer à sentir l’évolution du groupe année après année, puis aussi parce que c’est du total DIY, et que ça prend plein de temps et d’énergie de faire un album de 12-13 titres. Et que ce temps et cette énergie, on préfère les consacrer à taper la route pour aller jouer. Loin. Beaucoup.

    Donc NON il n’y aura pas d’album, et OUI on planche d’ores et déjà sur le prochain EP, qui sortira probablement début 2015 !

    Le costard, ça part aussi d’une réflexion qu’on s’est faite il y a quelques temps. On s’amusait de voir pas mal de gens se « déguiser » en parfaits petits rockeurs pour aller voir ou jouer un concert, et troquer leurs vêtements de tous les jours pour des panoplies complètes de punkers du dimanche.

    On a voulu faire cette démonstration par l’absurde, et changer nos vêtements habituels (plutôt rock’n’roll rien à foutre) par des fringues bien policées quand on part en concert. Ça fausse un peu la donne,  ça ne correspond pas à ce que tu t’attends à entendre, et surtout ça nous fait rire !

    A noter que pas mal de gens nous associent de ce fait à un groupe de ska, alors que le but initial de S4R était de foutre au clou cuivres et clean ! Bravo les malins !

     

    corbillard,struggling for reason,skaira,naked in the cornPeux-tu aussi me parler de l’actualité du groupe. Et de l’histoire de celui-ci.

    On ressort cette année une version « anniversaire » de notre premier EP, « Nothing More Than an Outlet » qui a 5 ans et qu’on réenregistre pour l’occasion.

    On bosse aussi actuellement sur une paire de nouveaux titres, qu’on a envie d’essayer en live dans les prochains mois, afin de proposer une toute nouvelle setlist.

    On part ce week-end en France, pour boire du vin et faire du rock, on se fait des city trips gastronomiques en Suisse au mois de juin, puis une tournée dans les Balkans est bookée en juillet. On va pas s’emmerder. Oh ça non !

    Question histoire du groupe, tu prends la quadrilogie des Rocky, et tu changes les noms. C’est à peu près ça.

     

    Avec les gars de Struggling For Reason, vous êtes aussi à la base du label 2k10 Records. Peux-tu m’en dire plus sur cette structure.

    For Choure, Mr Jean-Pierre !

    A la base, 2K10, c’est de la grosse blague. Un « label » crée de toutes pièces, juste histoire d’avoir un logo sur les skeuds de Skaïra, parce que ça fait « pro » ! On avait d’ailleurs perdu ça de vue.

    Puis là, d’un coup, Jay s’est senti l’âme d’un Brett Gurewitz gembloutois et nous a gentiment relancé le bazar avec un plan d’investissement de plusieurs milliards, étalé sur 20 ans. Inutile de dire qu’on était tous partants !

    Le but est de donner un coup de main aux groupes de potes, à nos side-projects, aux gens qu’on aime bien, en :

    -participant à l’enregistrement, au mixage ou au pressage de leurs plaques

    -proposant une distro en ligne et à nos concerts

    -relayant l’actualité des groupes

    -proposant un sampler présentant pas mal de groupes qui en valent sévèrement la peine et qui restent injustement méconnus

    -organisant ponctuellement des concerts pour aider les copains en tournée, et faire d’une pierre deux coups en y associant un ou deux groupes du label !

    On a choisi le bon moment pour le faire, puisque Wolve’s Scream, le groupe de Lio (aussi guitariste de S4R) sort son nouvel EP, ainsi que 2 clips bien foutus cette semaine, que Corbillard présente son nouvel album la semaine prochaine, que Overweight est actuellement en studio pour l’enregistrement de son 2ème album ! Y’a plein de choses à faire circuler ! Puis ça nous permet de renvoyer l’ascenseur aux copains de Foolish, qui nous accueillent régulièrement à Clermont, et qui sont parfaits !

    On fonctionne au coup de cœur, et on met nos tripes là-dedans, pour le faire le mieux possible !

     

     Tu traines dans la scène punk-rock/ska punk depuis maintenant plus de 10 ans. Comment d’après-toi évolue cette scène ? Est-ce plus facile maintenant de faire des concerts ? Etait-ce mieux avant ?

    Merci pour cette sous-estimation qui me flatte !! Tu peux dire…20 ans !!!

    Le premier truc qui me frappe, c’est les embûches de plus en plus nombreuses que rencontrent les organisateurs de concerts (fermetures administratives des bars, plaintes pour problèmes de voisinage dus au « bruit », de plus en plus de contraintes question sécurité, autorisations,…). Tu couples ça avec le fait que les gens se déplacent moins pour aller voir des concerts, soit par flemmardise, soit par manque d’intérêt, soit parce que pas assez de promo, soit parce que la culture du « tout gratuit » prend de plus en plus le pas… bin c’est inévitable : les orgas, les lieux de concerts à la coule, le plateaux incroyables ou tu peux faire plein de super découvertes se raréfient…

    Mais t’as toujours des passionnés qui suent sang et eau pour faire vivre la scène, et qui dépensent et se dépensent sans compter, pour la cause !

    Je ne te dirai pas que c’était mieux avant, pour la simple et bonne raison que j’ai l’impression maintenant de connaître mieux la scène, ses acteurs, ses galères. J’ai jamais autant joué que ces dernières années, même si c’est parfois difficile de décrocher des dates, un billet pour l’essence, un sourire ou quelques bières… mais souvent, 1 seul concert magique efface l’ardoise et te redonne de la motivation à revendre pour 10 nouvelles années !

    Et tu assistes aussi à un écrémage progressif de la scène, ou seuls les passionnés hardcore demeurent, mais on est rejoint tous les jours par des nouvelles recrues qui envoient, qui en veulent et qui feront demain le boulot qu’on fait aujourd’hui !

     

    Peux-tu aussi me parler des lieux cools où jouer en Belgique et des groupes avec qui tu aimes partager la scène.

    Y’a l’incontournable Taverne du Théâtre à La Louvière, Le Phoenix à Mons, Le El Bar à Mouscron, Le Bar des Anges à Charleroi, Le mythique local Scout à Ecaussinnes. On a malheureusement perdu le Petit Bitu à Namur, où Mathieu se démenait pour programmer du punk-rock…

    Et question groupes, avec le temps, je me suis fait un tombereau de copains passionnés et passionnants, qui se démènent tous les jours pour le rock, et avec lesquels tu rentres jamais intact d’une soirée !

    Les Black Sheep, les Dirty Bees, Wolve’s scream, Lisa A Peur, Skarbone14, Justin(e), Guerilla, Les Diego Pallavas, Dan Allen, Paul et les River Jumpers, les Fights and Fires, Overweight, Foolish, Imodium,… pffffff y’en a trop !!

     

    Au dos de de la plupart des disques où tu joues, il y a le logo du Polski Studio. Qu’est-ce donc ?

    Bin, à la base, on a monté un p’tit home studio dans le local de répé de Naked In The Corn, mon premier groupe. On a toujours enregistré des trucs, principalement pour nos propres (et moins propres) projets. On a déménagé il y a une dizaine d’années pour investir une ancienne classe d’école, qu’on a transformée pour avoir une cabine de prise de son, une chouette régie et un espace détente avec une sélection de DVD pointue !

    On y bosse à 2, Vince et moi, pour enregistrer, mixer et masteriser. Principalement les copains, ou les coups de cœur. Y’a d’ailleurs une page FB pour nous contacter.

    Tous les EP’s de Struggling ont été enregistrés là, les albums de Skaïra également, le dernier Wolve’s Scream, le premier EP de Corbillard...

    On a eu récemment du stoner avec Morning Chaos, de la pop avec les Citadines, du punk avec Radio 911…. Ça brasse large, le dénominateur commun étant le contact et le projet !

     

    Place maintenant aux questions existentielles. Quel est ton premier cd acheté/reçu ? Quel est le dernier acheté/reçu ?

    Premier CD reçu : « Zenyatta Mondatta » de POLICE. Cadeau de mon parrain, Etienne, qui a sévèrement orienté ma vie en m’offrant ma première chaîne hi-fi, mon 1er lecteur CD, un local de répé extraordinaire pendant des années… qu’il soit béni des Dieux !

    Premier CD acheté : WEEZER : « Blue album ». Bim.

    Dernier CD reçu : la démo de « You, Nervous? », groupe flamand bien cool, à la Unco !

    Dernier CD acheté : "C.A.L.M." le dernier FAKE OFF ! Une claque hardcore du 59 !!!

     

    Si tu ne devais garder que 10 disques quels seraient-ils ?

    -Bad Religion  : The Empire strikes First

    -At The Drive-In : Relationship of command

    -Nirvana : Unplugged

    -NoFX :Punk In Drublic

    -Pink Floyd : The Wall

    -Weezer : Blue Album

    -Comeback Kid : Wake the dead

    -Defeater : Empty days & Sleepless nights

    -Refused : Shape of Punk To Come

    -Rancid : And Out Come the Wolves

     

    Quel disque offrirais-tu à ton meilleur ami ? A ta mère ? A ton pire ennemi ?

    Meilleur ami : Patrick Sébastien « Tourner les serviettes »

    Maman : Patrick Sébastien « Tourner les serviettes »

    Pire Ennemi : Patrick Sébastien « Tourner les serviettes »

     

    Merci, je te laisse le mot de la fin ...

    Mais c’est ça. Mais c’est le me. Mais c’est très rare.

  • Interview Didier (Black Basset Records - ex/Hexagen BXL)

    1009874_539937612730481_207211275_n.jpgHello Didier, tu es à la base d’un nouveau label lancé à Bruxelles en 2013, Black Basset Records. D’abord félicitations pour cette initiative. Peut-on savoir de qui est composé le label ?

    Merci ! Le label est composé du basset noir qui lui a donné son nom, de ses deux acolytes humains, et d'une âme damnée qui désire garder l'anonymat pour mieux préparer sa domination sur le monde tel que nous le connaissons. Bref, une « dream team » assez discrète!

    Peux-tu nous dire ce que vous avez déjà sorti ? Et puis les sorties prévues ? Peux-tu aussi nous présenter en quelques lignes les groupes présents et à venir sur le label ?

     Il y a eu 4 sorties en 2013, pour la première (demi-) année d'existence de BBR.

     Le premier EP des Bruxellois de Mont-Doré, « Escalades », un mix de screamo hardcore et de post-rock assez explosif, enregistré à l'ancienne dans les conditions du live. Mont-Doré est vraiment un groupe à voir en concert. L'expérience, renforcée par un light show et des projections faites maison, est assez unique. Escalades est l'exemple même d'un disque qui se vendra en concert plus que chez les disquaires. Le son peut surprendre à la première écoute, mais l'essayer de visu, c'est l'adopter.

    Nous avons également sorti le premier album de Billions of Comrades, un groupe de la région de Tubize, qui évolue entre pop, rock et électro, et se démarque de la masse entre autre par l'usage du tenori-on. Ils ont gagné le Concours-Circuit en 2012, ont enchaîné une pelletée de concerts en 2013 et bénéficient d'une grande attention de la presse belge. Disons que, sur papier, ils sont sans doute le groupe le plus abordable de notre catalogue jusqu'à présent.

    On a enchaîné avec la sortie de « Palm Reader », le deuxième album des Carolos de Castles, qu'on ne doit plus vraiment présenter depuis leurs passages à Dour et leur participation à The Noise Belgique entre autres. L'album est tout simplement fantastique et a été produit par Kurt Ballou, le guitariste de Converge. La première édition vinyle, bientôt entièrement vendue d'ailleurs, a été sortie par le label gallois Palm Reader Records, alors que nous nous occupions exclusivement de la distribution digitale, mais le deuxième pressage vinyl, prévu pour mars, sera géré uniquement par BBR.

    Last but not least, la dernière sortie de 2013 était le premier EP de Augures, un trio liégeois qui évolue dans un registre que je qualifierais de « metal intelligent », axé sur des structures un peu alambiquées. Six titres sur une cassette limitée à 100 exemplaires, avec carte de téléchargement.

    Les projets et sorties prévus pour 2014 sont déjà nombreux : le re-pressage de Castles (sur vinyle jaune transparent cette fois) comme je l'ai déjà dit, un 7' deux titres de Augures à tirage ultra-limité, le nouvel album de Thot, le projet de Grégoire Fray (également membre de Mont-Doré), et deux co-productions pour des groupes français : un double LP de Seilman Bellinsky, sorte de super-groupe de la scène nantaise avec des membres de Papier Tigre, Goudron et Fordamage, que nous sortirons avec une flopée de micro-labels français comme Strandflat et Poussin de Kythibong, et le premier album de duo manceau Quadrupède, que nous produirons avec nos amis du collectif Merci Connasse, détenteur du record de France du meilleur nom d'association. Seilman Bellinsky est un projet assez étrange, basé sur des compos rock noise lentes et répétitive, alors que Quadrupède est un duo au registre math rock/post rock plus joyeux.

    Il pourrait également y avoir un split de Mont-Doré avec un groupe français, affaire à suivre, on y travaille en tout cas.

    988239_553387384718837_861858281_n.jpgPourquoi avoir choisi ces groupes ? Comment se passent les choix ? Coup de coeur, étude marketing ? Il y a déjà différents styles sur votre label, pourquoi s’ouvrir ?

    Il n'y a sûrement pas eu d'étude marketing, et les choix se sont fait de manière assez organique. Il y a sans doute autant d'histoires que de sorties d'ailleurs. On a vu Billions of Comrades et Mont-Doré débuter, et ce sont des projets qu'on apprécie totalement, avec des gens qui sont avant tout des amis.

    Pour Castles, c'est une connaissance commune qui nous a proposé de bosser ensemble, et le courant est passé directement, au point d'amplifier l'idée de départ pour renforcer notre collaboration.

    On a rencontré Augures via Mont-Doré, avec qui ils ont joué plusieurs fois. Le courant passe très bien entre les groupes, et cela s'est répercuté sur nous. Augures dégage une énergie assez impressionnante, les trois « kids » débordent d'idées, et c'est un projet dans lequel on se retrouve pleinement, il était donc logique de se mouiller ensemble.

    Idem pour Thot : on bosse déjà avec Grégoire dans Mont-Doré, on a déjà fait jouer Gilles dans l'un de ses autres projets. Et même chose pour Seilman Bellinsky, dont on connait les membres pour les avoir fait jouer via d'autres groupes dans lesquels ils sont actifs.

    En fait, en y réfléchissant, Quadrupède est le seul groupe chez nous qui puisse se targuer que BBR lui ait fait du gringue de manière intensive ! Tout le reste s'est bouclé assez directement entre gens qui se connaissaient avant même qu'il ne soit question d'un label et de sortir des disques via BBR.

    Pour en revenir à ta question sur l'ouverture à différents styles, on veut simplement un label à notre image, assez ouvert. On écoute beaucoup de musiques et de styles différents, il me semble logique que cela se reflète dans nos sorties. Et je pense qu'un simple coup d'oeil aux groupes qu'on a fait jouer, que ce soit avec ou sans heXaGEN, montre que nous sommes – relativement – ouverts d'esprit.

    Comment un groupe peut-il faire pour sortir un album chez vous ? Il doit vous harceler, vous convaincre sur disque, en live ? Ou est-ce plutôt la démarche inverse qui est que c’est vous qui aller proposer votre label aux groupes ?

    Vu ce que je viens de te raconter, j'aurais tendance à te dire que, si cela doit se faire, cela se fera, tout simplement ! Inutile d'envoyer des e-mails à rallonge en mode « candidature », comme nous en avons reçu un bon nombre. Il n'y a vraiment pas de démarche-type, ni de manière figée de procéder de notre côté.

    Est-ce encore utile d’être un label en 2014 à l’heure où tout se trouve sur internet et est accessible gratuitement ?

    En bref, oui. Pour preuve, y a-t-il beaucoup de groupes ou d'artistes qui aient pu vivre décemment de leur musique sans avoir collaboré avec un label ?

    Je ne pense pas qu'il faille voir la musique exclusivement en termes d'accès. C'est génial de pouvoir mettre sa musique à la disposition du monde entier, mais cela ne suffit pas. Pour preuve, Spotify vient de lancer Forgotify, pour les 4 millions de titres sur la plate-forme qui n'ont jamais été écouté par qui que ce soit !

    Il y a de très nombreux aspects à un projet musical : la musique bien évidemment, mais également la technique, la production sur supports physiques, la design graphique, l'administration, le booking, le management, la gestion de droits, etc, sans même parler de l'investissement financier qui doit bien être fourni par quelqu'un. Et seules des structures professionnelles sont à même de fournir l'ensemble de ces services.

    A notre niveau, faute de disposer de plus de moyens et de plus de temps, nous ne pouvons que donner un bon coup de pouce aux groupes qui sont chez nous. C'est, je l'espère, déjà mieux que rien. Mais, dans un monde idéal, des musiciens devraient surtout avoir l'opportunité de se concentrer exclusivement sur leur musique !

    D’ailleurs où peut-on trouver les disques que vous avez sorti ?

    Directement chez pas mal de disquaires (Caroline Music, Veals'n'Geeks, Taille 33, Monsieur Jean, etc), chez Mandaï Distribution (www.mandai.be), chez CD1D (www.cd1d.com) ; Throatruiner (www.throatruinerrecords.com) et Eastrain (www.eastrainrec.com) en France, chez SM Musik en Allemagne, et bientôt via Code 7 en Angleterre.

    Et en vente ligne via notre site (www.blackbassetrecords.com), sur notre Bandcamp (blackbassetrecords.bandcamp.com) et sur Discogs. Et bien sûr aux concerts des groupes du label!

     Je vois que vous sortez vos productions sur différents supports (tape, vinyl, digital), pourquoi ce choix ?

    Le digital, pour des raisons évidentes : c’est le meilleur moyen de faire circuler de la musique, que ce soit en téléchargement ou en streaming. C’est ce qui permettra aux plus curieux de découvrir les groupes. Pour le reste, quitte à demander aux gens de débourser de l’argent pour supporter un artiste, autant leur proposer un bel objet en échange. Et en termes de beauté et de qualité d’écoute, rien ne vaut le vinyle. Il peut se décliner de nombreuses manières et nous comptons jouer là-dessus : couleur, poids, inserts, laquage, etc.

    L'idée de la cassette, dans le cas d'Augures, vient du groupe même, mais reste basée sur le même postulat : une carte de téléchargement qui permet d'emmener l'EP partout, et un bel objet en soi. Le design de Thierry Tönnes, qui a aussi bossé avec Daggers, n'y est pas pour rien !

    1378740_599866166737625_908153726_n.pngBon, vu que tu es dans l’industrie du disque maintenant ... qu’en penses-tu ? Est-ce un monde de requins qui ne pense qu’au fric faisable avec les artistes ? Est-ce important qu’il y ait de nouvelles initiatives comme la votre ? Peux-tu nous citer quelques labels qui vous servent d’exemple ?

     J'ai un « day job » dans « l'industrie » du disque depuis des années, et la machine à clichés sur le secteur et ses requins me fait bien sourire. OK, certaines majors ont la fâcheuse tendance à faire signer des contrats franchement pas attractifs pour les artistes, mais à ce que je sache, personne n'a jamais témoigné avoir été forcé de signer un tel contrat pour ensuite aller faire le gugusse à servir de la soupe formatée au vocoder dans une téléréalité minable.

     A côté de cela, bon nombre de structures, professionnelles ou pas, ont pris des risques considérables et ont gardé une réelle éthique pour sortir des disques de qualité par des artistes dans lesquels ils croyaient à 150%. Et cela, on en parle nettement moins.

    Il y a une flopée de labels de qualité, de toutes tailles et actifs dans plein de registres musicaux différents, qui sont responsables de quantités de sorties extraordinaires et qu'on pourrait difficilement soupçonner d'être actifs uniquement pour la gloire ou l'argent : Denovali, Deathwish, Talitres, African Tape, Dischord, Top Shelf Records, Alcopop, et j'en passe beaucoup.

    Si je ne devais en retenir que quelques-uns qui nous servent d'exemple, je citerais Kythibong, Throatruiner et Dog Knights. Bref, des micro-structures menées par des stakhanovistes passionnés.

    Je veux croire qu'en matière de musique, surtout pour les genres qui ne bénéficient pas d'une couverture médiatique digne de ce nom, toute initiative est bonne à prendre et a le mérite d'exister.

    Hormis sur internet où il est possible de trouver un peu près tout et vu la fermeture d’un paquet de disquaires, penses-tu monter une distro avec les disques du label ? Ou travaillez avec une boite de distribution voire des plus petites distros ? D’ailleurs si on veut éviter le net et Mediamarkt, as-tu des « vrais » disquaires à conseiller sur Bruxelles et en Belgique.

    On se tâte vraiment concernant la distro. BBR n'organise pas assez de concerts pour justifier d'en avoir une et nous n'avons pas particulièrement envie de passer tous les concerts où nous allons à jouer à la marchande. Bref, à voir, mais d'autres font cela très bien.

    Il y a encore pas mal de disquaires de qualité, tant à Bruxelles (Veal'N'Geeks, Monsieur Jean, Elektrocution, etc) qu'en Wallonie. Il suffit de voir le beau boulot que font Michel (de I for Us Records) et Gian avec Taille 33 à Louvain-la-Neuve, qui est quand même un magasin super-cool qui ne se contente pas d'être un disquaire mais organise aussi des showcases, des happenings, etc.

    Vous organisez parfois des concerts avec BBR; est-ce occasionnel, récurrent ? Est-ce ouvert uniquement à des groupes du label ?

    C'est tout à fait occasionnel, et exclusivement tourné vers les groupes du label. La seule exception à cette règle a été le concert de Listener, qui est un de nos groupes préférés. Mais, dans l'immédiat, l'idée est de se concentrer sur le label, qui prend déjà énormément de temps, et de laisser l'organisation de concerts à d'autres (et ils sont nombreux).

    Passons maintenant à d’autres sujets, tu es un vieux bourlingueur de la scène bruxelloise et belge. Que penses-tu de l’état actuel de la scène musicale à Bruxelles ? De mon côté, je trouve qu’il y a un énorme potentiel alternatif, mais qu’il manque des soutiens et que souvent chacun travaille dans son coin. As-tu le même ressenti ?

    Bruxelles a une scène très éclatée : beaucoup de groupes, beaucoup de genres, peu de lieux qui travaillent avec tout le monde et fort peu de communication entre tout ce petit monde.

    Il n'y a clairement pas « une » scène bruxelloise structurée, comme on avait pu le voir par exemple dans les années nonante avec la scène punk/hardcore qui était ultra-organisée et très fédérée.

    Ceci dit, j'imagine que la situation est identique dans toutes les villes d'une certaine taille. On ne peut pas forcer les gens à travailler ensemble, pas forcer des lieux à accueillir tel ou tel artiste, et les petites guéguerres entre différentes chapelles sont inévitables même si pas bien méchantes.

    En termes d'organisation, Bruxelles est extrêmement bien desservie avec Liberation Booking, AEM, Undercore, heXaGEN, Buzz On Your Lips, Tally-Ho, Cheap Satanism, Bang Bang Booking et bien d'autres encore. L'offre est pléthorique, même si le nombre de lieux susceptibles d'accueillir des concerts ne cesse de diminuer. En fait, il est franchement possible d'aller à un concert tous les soirs chaque jour de l'année ou presque, même avec un budget réduit. Les deux plus gros problèmes sont sans doute le public, qui ne suit pas la cadence et manque souvent de curiosité, et le manque de communication : très souvent, les gens ne sont pas au courant que tel ou tel concert a lieu, ou pire encore, plusieurs concerts intéressants se retrouvent en compétition avec les autres.

    Comment y remédier, je n'en sais rien ! Des initiatives existent, comme à Nancy par exemple, où toutes les associations ont un forum commun en ligne, où elles se tiennent au courant de leurs activités et s’entraident en termes de logement d’artistes, de matériel, etc. Une initiative similaire a été lancée à Bruxelles par Benjamin, de Madame Moustache, sous la forme d’un groupe Facebook. Mais tant que tout le monde ne se joindra pas au groupe, les problèmes de manque d’information subsisteront.

    Tout cela mis à part, je n'ai même toujours pas compris ce qui fait vraiment le succès d'un concert, pourquoi certains concerts attirent cinq fois plus de monde que prévu, alors que d'autres qui semblent être des « sure shots » se plantent totalement. La concurrenet et la météo n’expliquent pas tout. Ce que je trouve hallucinant en plus de tout cela, c'est que, pour chaque concert organisé et pour chaque groupe qu'on a accepté de faire jouer, il y a au moins dix refus en parallèle. Et c'est environ le même ratio pour tous les collectifs. A croire que le rapport entre offre et demande confine surtout à un rapport entre tout et presque rien....

    Tu as auparavant participé pendant quelques années à l’aventure Hexagen BXL qui organise toujours des concerts sur Bruxelles. Pourquoi avoir quitté Hexagen ? Quel est ton point de vue sur l’orga de concerts alternatifs ?

    Disons que j'avais un peu l'impression d'avoir fait le tour de la question et que je commençais à me lasser de ce perpétuel recommencement, entre plantages et succès qui te permettent uniquement de remettre les compteurs à zéro pour mieux recommencer. Humainement, l'organisation de concerts est une aventure fantastique, mais le travail et le risque financier qui vont de pair avec cette activité sont souvent fort contraignants.

    Il ne faut pas se leurrer, organiser des concerts peut s’avérer un hobby coûteux si les choses tournent mal. Reste à voir comment gérer au mieux ce risque. heXaGEN fait partie des associations DIY qui garantissent un cachet aux artistes, quelles soient les circonstances. Ceci implique de prendre à son compte tous les aléas, directs ou indirects, qui font qu’un concert ne se déroule pas comme prévu ou espéré. Et quand on sait que la météo, les grèves des transports en commun, les annulations ou la casse matérielle peuvent avoir un impact, la liste de tracas possibles est très longue.

    D’autres pratiquent le door-deal. Personnellement, j'ai toujours été opposé à l'idée de faire jouer des groupes sans les rémunérer, ou à me contenter de transférer le risque financier en leur disant que, s'il n'y avait rien dans la caisse, ils ne toucheraient rien non plus. Certains groupes acceptent de jouer dans ces conditions, certains promoteurs préfèrent travailler sur cette base, c’est leur choix et je ne le critique pas. Mais, personnellement, cela me mettrait assez mal à l'aise de devoir le faire moi-même.

    Par rapport à l’organisation, un label demande sans doute encore plus de travail et d'investissement financier, mais tu as l'avantage de pouvoir plus facilement gérer la charge de travail générée. Le risque financier est certes plus grand mais plus facile à évaluer. C'est un projet au quotidien, plutôt qu'une activité par coups de feu comme peut l’être la promotion de concerts.

    Hormis Bruxelles et Liège où ça vit pas mal en région francophone, tu connais d’autres villes/lieux à conseiller ? Est-ce que la scène belge francophone est-elle plus pauvre que la néerlandophone ?

    Je pense que la scène belge francophone est surtout pauvre au sens financier du terme. Il y a finalement très peu d'investissements publics ou privés dans les lieux tournés vers les musiques plus alternatives, et surtout pas de volonté politique de laisser une certaine liberté à des lieux peut-être un peu plus décalés ou improbables d'accueillir des concerts. Le contraste est saisissant avec la Flandre où bon nombre de MJ ou de salles des fêtes sont à même d'organiser des concerts de taille moyenne et où tu as l'impression de découvrir un nouveau patelin chaque semaine simplement en lisant un calendrier de concerts.

    En termes de talent, par contre, si l'on fait abstraction de l'obsession belge francophone pour le pop-rock et de l'engeance que sont les groupes de reprises, il y a clairement du talent un peu partout. On peut par contre regretter la frilosité de certaines salles subsidiées par rapport à certains genres de musique ou l'obsession de supporter – financièrement et médiatiquement - de façon démesurée certains groupes qui préfèrent jouer les grands cadors en Wallonie plutôt que d'aller se mouiller à l'étranger pour réellement défendre leur projet.

    En parallèle, bon nombre d'initiatives associatives fleurissent un peu partout, menées par des passionnés comme toi avec AEM. Honest House et Jungle à Liège, Sabotage à Liège et en Gaume, Namur du Son, Dewane à Mons, les Hurlus de l'équipe du Century à Mouscron,plus toute la clique bruxelloise déjà citée, cela fait quand même un paquet de gens motivés et une pléiade de concerts.

    Outre Bruxelles, où la nouvelle équipe du DNA fait un boulot fantastique, où le Magasin 4 et le Café Central continuent de se mouiller pour tous les genres de musique et où Madame Moustache développe quand même une programmation très intéressante (pour ne parler que des francophones), j'ai récemment flashé sur Le Vecteur à Charleroi, qui est un endroit vraiment fantastique et qui collabore intelligemment avec l'Eden et le Rockerill. Je trouve l'Entrepôt à Arlon assez sympa, une salle superbe avec une programmation assez osée pour une ville de petite taille. Mais, en bruxellois lambda, c'est quand même La Zone à Liège qui reste ma salle préférée en Wallonie.

    Que penses-tu du fait qu’une ministre de la culture belge francophone reçoivent la légion d’honneur française ? Moi, je pense qu’elle profite plus de l’aura de quelques gros acteurs belges qui percent à Paris que de faire son travail de promotion de la scène. D’ailleurs hormis des grosses têtes de pont comme Stromae, un paquet de groupes belges francophones galèrent à trouver des dates chez eux (et à l’étranger).

    Personnellement, je trouve assez anecdotique qu'on s'échange encore des breloques en 2014. Et bon, Shakira a été faite Chevalier des Arts et des Lettres, tout est à mettre en perspective.

    Passons à des questions plus « sérieuses ». Quel est le premier disque acheté ? Et le dernier ?

    Le premier disque que j'ai supplié mon père de m'acheter, c'était le 45T la chanson de Fraggle Rock. Je l'ai toujours. Il y a une version longue et je maintiens que la ligne de basse en intro est toujours capable de mettre le feu au dance-floor, et pas dans le sens NRJ du terme.

    http://www.youtube.com/watch?v=CjGWkGs9ZnQ

    Le dernier disque que j’ai acheté est le nouveau Calvaiire. Et je viens de commander le nouveau Barren Womb.

    Quel disque peut-on trouver dans ta discographie dont tu as un peu honte de l’achat ?

    Pas Fraggle Rock en tout cas !

    Aucun dont j'ai vraiment honte, je peux quasiment te justifier tous mes achats au cas par cas ! Même s'il est vrai que certains d'entre eux n'ont plus été écoutés depuis des années. Je pense que tout le monde se retrouve avec un bon paquet de disques qui s'avèrent un peu nazes à l'usage : effets de mode, achats impulsifs ou mauvais conseils des copains, il y a de toute manière de nombreuse excuses à faire valoir. Donc, je plaide non coupable !

    Quel est le groupe que tu rêves de signer sur BBR ... mais que tu sais que ce sera probablement qu’un rêve ?

    C'est marrant cette question, elle a l'air d'obséder les gens et on me l'a déjà souvent posée. Honnêtement, je n'en sais rien. D'un côté, il y a une volée de groupes avec qui je serais fier de pouvoir collaborer, d'un autre, personne ne nous a jamais dit non jusqu'à présent, et on bosse avec tous les groupes qu'on a approchés. Bref, comme des enfants gâtés, on a eu tout ce qu'on voulait jusqu'à présent.

    Et si tu ne devais retenir que 10 disques à écouter jusqu’à la fin de tes jours ?

    Complètement en vrac,

    • Pixies – Doolittle

    • Ned's Atomic Dustbin – God Fodder

    • God Machine – Scenes from the Second Storey

    • Rollins Band – The End of Silence

    • NOFX – Punk in Drublic

    • Bad Religion – Stranger Than Fiction

    • Wise Up – Many Ways, One Direction

    • Sick Of It All – Scratch The Surface

    • le premier And So I Watch You From Afar

    • Listener – Return to Struggleville

    C'est forcément ultra-limitatif, mais ce sont des disques qui ont tous terminé virtuellement usés à un moment de ma vie !

    Le disque que tu offrirais à ton meilleur ami ? A ta mère ? A ton pire ennemi ?

    J'ai offert pas mal de Listener, de Oldseed et de Frustration ces derniers temps.

    Ma maman a récemment reçu du Billions of Comrades et du Agnes Obel.

    Et mon pire ennemi peut aller se faire voir avec un disque de Pitbull ou une autre atrocité du genre.

    Je te laisse le mot de la fin, n’hésite pas à ajouter quelques choses et te remercie pour tes réponses.

    Merci beaucoup pour l'interview, et pour tout ce que tu fais avec AEM !

  • Interview FX (Justin(e) - Poésie Zéro - 29/09 - MAG - Un hiver à Paris)

     

    64212_10200421916255667_1593759053_n.jpgHello FX, on s’est déjà croisé un paquet de fois avec tes orchestres: Mon Autre Groupe, Justin(e) et Poésie Zero. Alors, on va commencer par la musique. Peux-tu me faire un petit topo des différents groupes dans lesquels tu as joué (si je ne m’abuse, il manque 29/09 à ma liste) et dans ceux où tu joues encore. Quel instru joues/jouais-tu ?

    Salut Pierre ! J'ai commencé à jouer de la batterie en groupe vers 17 ans avec un groupe de néo/rock-metal qui s'appelait La Ligne et quelques années plus tard, j'ai monté 29/09, un projet grind/violence dans lequel je jouais de la batterie et criais en même temps. En parallèle, j'ai eu un petit truc de hip-hop acoustique, toujours à la batterie. Ensuite, après avoir déménagé à Paris, j'ai rencontré Baptiste, l'actuel guitariste de Poésie Zéro, avec lequel j'ai monté mon premier groupe de punk rock « Vendredi », puis, vu qu'ils avaient besoin d'un batteur et que je les connaissais depuis plusieurs années, j'ai intégré Justin(e). Enfin, et puisque je m'emmerdais à Paris, j'ai joué dans Maladroit, chanté dans Mon Autre Groupe et monté Poésie Zéro, au chant toujours.  

     

    Pourquoi as-tu quitté ces groupes ? Ou pourquoi ont-ils arrêtés ? Est-ce parce que vous/tu estimais avoir fait le tour de la question ?

    A chaque fois que j'ai quitté un groupe, c'était parce que je me sentais en décalage avec ce que je jouais ou chantais. J'adore jouer avec des potes, mais si à un moment donné j'écoute ce que je fais et que je ne me sens pas concerné par ce que j'entends, ça devient difficile pour moi d'y trouver du sens, ou même du fun. Jouer dans un groupe demande beaucoup de temps et pas mal d'implication émotionnelle, alors si on n'est même pas touché par ce qu'on produit, je trouve que ça n'est plus nécessaire de continuer.

     

    Dans les groupes où tu chantais, le groupe est chaque fois un truc bien énervé, je pense entre autre à Mon Autre Groupe et Poésie Zéro. Est-ce nécessaire pour toi d’avoir ce côté « pas content/énervé » lorsque tu chantes ? Tu ne penses pas que le message (si message il y a), passerait mieux d’une autre manière ?

    Ça n'est pas forcément ça, dans 29/09 et Mon Autre Groupe, crier était simplement nécessaire.  29/09 a été créé pour être le plus violent possible, autant dans le fond que dans la forme. Je criais parce que je ne pouvais pas trouver de plus grande violence à infliger aux autres et à moi même. De même pour MAG, le projet se voulait sale et rapide, pas fun. Je m'y suis senti à l'aise parce qu'avais vraiment envie de crier ce que je disais dans les paroles.

    Pour Poésie Zéro c'est différent. Je ne crie pas forcément, j'ai simplement une voix dégueulasse tout en ayant des choses extrêmement faibles à dire. Chanter dans Poésie Zéro, c'est rentrer dans le rôle du meilleur chanteur de punk rock de merde du monde.

    J'aimerais beaucoup avoir un projet dans lequel je chanterais en voix claire, comme Eels, ou JP Nataf, mais pour ça il faut avoir des jolies choses à dire, et surtout, en être convaincu.

     

    Est-ce toi qui écrivais les paroles quand tu chantais des les groupes ? Est-ce nécessaire pour toi de chanter tes paroles ?

    Mis à part Mon Autre Groupe, où Till écrivait certains textes, oui j'ai toujours écrit les chansons que je devais chanter. Je ne sais pas si c'est nécessaire pour moi de chanter mes propres paroles, mais puisque je ne me considère pas du tout comme un chanteur, il me serait très difficile de prendre place derrière un micro pour chanter les textes d'un autre. Et puis, les groupes que j'ai monté spécialement pour y chanter avaient des concepts très cadrés, que ce soit l'ultra-violence de 29/09 ou la nullité de Poésie Zéro, c'était beaucoup plus facile pour moi d'assumer la place de chanteur en étant aux origines de ces concepts plutôt que de « chanter » n'importe quoi d'autre plus simplement.

     

    Tu écris aussi pas mal pour d’autres groupes. Peux-tu lister ceux-ci ? De mon côté, je retrouve un de tes textes sur le dernier Guerilla Poubelle, sur quelques titres de Diego Pallavas et de Justin(e) ? Comment ça se passe lorsque tu écris pour d’autres ; est-ce eux qui viennent vers toi pour ta plume ou est-ce la démarche inverse où c’est toi qui leur propose un titre ?

    Tu as cité tous les groupes. Pour la liste des titres, j'ai écrit « Une ode à la mort » (http://www.youtube.com/watch?v=wF6PObm2pzs ) et les 3 titres du CD bonus (« Un samedi soir sur la terre », « De l'hygiène des ongles » et « Les briques molles ») de Treillières Über Alles de Justin(e) , « Colomba » et « Saint-Nazaire » (http://www.youtube.com/watch?v=zjww7IQSETs ) pour Diego Pallavas et plus récemment « Prevert, Kosma, Paris » pour Guerilla Poubelle... finalement ça fait pas tant de titres que ça.

    Pour le modus operandi, ça change en fonction des chansons. « Saint-Nazaire » a été écrite pendant une tournée d'été de Justin(e) où BatBat de Diego Pallavas remplaçait Alex. On est passé à Saint-Nazaire, c'était triste, j'ai lancé la première phrase de la chanson dans le camion, BatBat a aimé et le reste du texte a suivi dans les deux jours. Puisque j'avais adoré faire ça avec BatBat, et que je crois me souvenir qu'il galérait à écrire pendant la composition d'Expédition Punitive, je lui ai envoyé « Colomba ».

    Pour Justin(e), j'étais censé n'écrire que les textes du CD Bonus de TÜA car Alex n'aurait pas eu le temps de les faire, mais puisque tout le monde a aimé le texte d'  « Une ode à la mort » on a décidé de la mettre sur l'album.

    Enfin, pour Guerilla, c'est Till qui m'a demandé un texte sur Paris, j'ai été très touché par cette demande alors que je venais de terminer l'écriture d' « Un hiver à Paris » , je lui ai envoyé ce texte que j'aurais aimé chanter si j'avais eu la voix pour.  

     

    Peux-tu nous en dire plus sur le prochain Justin(e) ? As-tu aussi d’autres projets musicaux en cours ?

    Je ne sais pas quoi te dire sur le prochain Justin(e). J'aimerais te dire qu'il défonce, mais on va encore dire qu'on est trop sûrs de nous.

    Il me semble plus profond que les autres, peut-être plus sincère, il est sans doute plus « tout » que les albums précédents. Ceux qui n'aimeront pas le trouverons d'ailleurs plus nul que les autres.

    Plus sérieusement, c'est sans doute la première fois que Justin(e) va sortir un disque aussi assumé par la totalité du groupe.

    Les autres projets du moment c'est la composition d'un nouveau Poésie Zéro maintenant que Baptiste et moi habitons à Nantes. Évidemment ce nouvel album de PZ va être une révolution.

    Et puis il va falloir que je réapprenne à jouer les nouveaux titres de Justin(e), ce qui est un projet musical en soi.   

    Teaser du 4ème album de Justin(e) : http://www.youtube.com/watch?v=jxun92MDLZI&feature=youtu.be

     

    Peux-tu aussi lister quelques groupes qui t’influencent ? Qui t’ont influencé avec tes différents projets ?

    Oula c'est pas évident ça, j'écoute très peu de musique en fait. Je vais balancer quelques noms des trucs que je trouve intéressant mais que j'ai pas assez écouté : Sex Pistols, Radiohead, Public Enemy, les Sheriff, Noir Désir, Cocoon, NoFX, Cerebral Ballzy, Bashung, Gainsbourg.

    Les trucs pas forcément très intéressants mais que j'ai beaucoup écouté : Limp Bizkit, NTM, IAM, Slipknot, Eels, At The Drive In, Meshuggah, Rancid, Mindless Self Indulgence, Blink 182, Dillinger Escape Plan...

    Et sinon en ce moment, j'écoute pas mal Toy Dolls et Skyrock dans ma voiture pour me tenir informé de ce qu'écoute les gens. 

     

    Avec Justin(e), vous avez dernièrement participé à la tournée des 10 ans de Guerilla Asso, peux-tu m’en dire un peu plus ? C’était genre colonie de vacances ? Comment se sont passés les concerts ?

    Effectivement, ça ressemblait bien à une petite colonie de vacances de trentenaires. C'était vraiment cool comme tournée, et pourtant, j'appréhendais pas mal la quinzaine de dates d'affilé.

    Je ne suis pas fan des grandes tournées, la vie sur la route c'est pas pour moi, mais j'avoue que ces deux semaines ont été particulièrement agréables. Je pense que tout le monde était assez vieux et expérimenté pour prendre soin des autres.

    Concernant les concerts, mis à part le fait qu'Alex n'ait pas pu venir sur 4 dates dans la première semaine, et que les autres chanteurs ont tous eu l'amabilité de se ruiner la voix pour le remplacer, il n'y a pas eu grand chose à dire, sauf que je ne pensais pas être aussi impressionné par Intenable et le nouveau line-up de Guerilla Poubelle. J'avoue avoir pris quelques gentilles claques en regardant ces deux là.

     

    Tu as fait aussi pas mal d’autres dates et tournées avec Justin(e), mais toujours dans des pays francophones ? Quels sont les meilleurs moments, les pires ? Pourquoi ne pas partir plus loin ?

    On ne part pas plus loin car lorsqu'on essaye, je casse le camion : l'année dernière, dans notre seule tentative de tournée dans les pays de l'Est avec Nichiel's, on a eu un accident sur une autoroute en République Tchèque, et c'est sans doute mon pire souvenir de tournée. Du coup le seul concert en terre non-francophone s'est produit à Prague. On a pas réessayé depuis car c'est difficile pour nous de quitter nos jobs ou nos familles pendant plus de 10 jours plusieurs fois par an. On essaye d'avoir des projets pour 2014/2015 en visant le Québec ou les pays de l'Est encore une fois, mais on n'a rien de défini pour l instant.

     

    1385273_241033549383318_833335879_n.jpgTon actualité en 2013 était aussi lié à ton premier livre, Un hiver à Paris ? Peux-tu nous expliquer comment on fait pour sortir un livre en 2013 ? C’est comme pour sortir un cd ? As-tu de bon retour sur le livre ?

    Effectivement je viens de sortir « Un hiver à Paris », un roman sur lequel je travaillais depuis quelques années sur le thème du déracinement d'un personnage quittant sa ville natale pour Paris. Pour le sortir, j'ai été aidé par Guillaume et Lylian du label CanISay?Records. Ça faisait un moment que le label voulait tenter l'expérience de la production de livre, on a donc monté la maison d'édition IreadBooks en tant que filiale du label. Ensuite c'est pas très compliqué, et pas si différent d'un CD en effet, une fois que tu as ton livre mis en page et l'argent pour le faire imprimer, tu fais une déclaration ISBN et c'est  parti. Du coup on a déjà réussi à en  vendre environ 250 en 3 mois, via le site de CanISay?Records (http://canisayrecords.com/shop/fr/248-fran%C3%A7ois-xavier-josset-un-hiver-%C3%A0-paris.html ) et sur les concerts de Justin(e).

    Maintenant, la difficulté pour nous, c'est de trouver des manières d'élargir la distribution et de faire la promotion du bouquin hors réseau punk-rock. Nous avons finalement encore très peu de contacts, mais ça viendra.

    Concernant les retours de lecteurs, les gens qui l'ont lu semblent l'avoir apprécié, du moins personne n'a encore eu envie de me dire qu'il était nul, mais ça viendra peut-être !

     

    Je vois que tu as d’autres projets d’écriture en cours avec un projet d’un livre de fables. Ce livre n’était donc pas un one-shot ? Et peux-tu m’en dire plus sur tes nouveaux projets en écriture ?

    Oui je travaille depuis quelques temps avec un ami illustrateur Hyde Omega (https://www.facebook.com/omegahyde?fref=ts)  sur la production d'un livre de fables. On a ce projet en route depuis un an je crois. L'idée est de sortir, en 2014, un bouquin contenant une trentaine ou une quarantaine de fables illustrées. Je prends ce projet comme un exercice de style plutôt amusant, en travaillant autour d'un thème avec des contraintes bien définies : rimes et alexandrins.

    Concernant le caractère unique du roman, je ne sais pas, l'exercice d'écriture d'une oeuvre de 200 pages été intéressant mais j'ai trouvé ça vraiment difficile. J'aimerais me lancer dans la rédaction d'un autre livre, mais je ne me suis pas encore décidé sur le fond, ni sur la forme. J'ai quelques idées en tête, mais rien de concret pour l'instant.

     

    Est-ce un besoin pour toi d’écrire (et de jouer de la musique et de s’exprimer via l’art)? Est-ce un exutoire ? Y a-t-il un côté autobiographique dans ce que tu écris (je pense entre autres à Un hiver à Paris qui semble retracer une partie de ta vie) ?

    Je ne sais pas si c'est un besoin à proprement parler, mais j'aime créer, et encore plus quand je crée avec des amis. Du coup jouer de la musique et écrire sont les deux domaines dans lesquels je me sens le plus à l'aise, même si je sais que j'ai d'énormes progrès à faire.

    Toutes les créations ne sont pas des exutoires, mais effectivement, certaines d'entre-elles m'ont permis d'exprimer des choses que je n'aurais pas pu sortir autrement. Et puis pour les autres projets, faire des choses, se réunir avec des potes sur un objectif commun, ce sont de belles façons de faire passer le temps en ayant l'impression de ne pas être passif.

    Concernant la part autobiographique de ce que j'écris, évidemment je m'inspire beaucoup de ce que je vis, j'ai toujours trouvé difficile de parler de sujets qui ne me concernent pas. « Un hiver à Paris » parle d'un personnage que j'aurai pu être si je n'avais pas rencontré ceux qui m'ont fait oublié que je détestais Paris, donc forcément on retrouve beaucoup de moi dans ce qui est écrit dans ce livre.

     

    Est-ce si horrible que ça de vivre à Paris ? C’est pas censé être une des plus belles villes au monde ? Que penses-tu de la maxime « métro-boulot-dodo » ?

    Tout dépend de ce qu'on vient chercher à Paris, et je pense que beaucoup y trouvent leur compte. Mais pour ma part j'y ai déménagé pour un job, en n'y connaissant personne et avec la conviction que j'allais changer de vie, et pourtant je m'y suis embourbé pendant un an ou deux, comme mon personnage dans le livre. Il y a une certaine violence de l'anonymat à Paris qui n'existe pas dans les villes de provinces. C'est le seul endroit au monde ou je me suis senti aussi inutile, invisible et agressé par la routine. Effectivement la maxime « metro-boulot-dodo » illustre parfaitement ce que l'on peut vivre en débarquant seul à Paris, mais je pense aussi qu'il est possible de l'oublier, une fois entouré des bonnes personnes.

     

    De mon côté, je pense avoir fait le tour de ce que j’avais à te demander ... je te laisse donc le mot de la fin.

    Et bien merci à toi pour m'avoir accordé ce temps de parole. Continue à faire tout ce que tu fais c'est important. Par contre je veux bien que tu achètes des sodas la prochaine fois que tu nous fais jouer :) .

     

    Merci. Mr Pierre

     

     

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