• Far - Water and solutions

    Water and Solutions est le deuxième et dernier album du groupe de Sacremento. Il est sorti en 1998 chez Immortal en pleine vague néo-metal. Je suis à l'époque complètement passé à côté de cet album. Pourtant celui-ci sera une référence pour un paquet de groupes de la scène néo métal.

    Parce que X-silence dit tout ce qu'il faut, je leur pique leur chronique de cet album parfait !

    Cela faisait un moment que tout le monde s'en doutait et le Tin Cans With Strings To You, bien qu'imparfait, prévalait beaucoup de chose pour ce petit quatuor de Sacramento. De la discographie de Far, c'est bien Water & Solutions qui restera véritablement dans les mémoires. Un disque qui malgré son avance aura su trouver un public qui n'était pas conquis d'avance, monopolisé par la tendance néo de l'époque, Korn et ses 'INNA BEUUUU RRRATA...' au sommet. Ironiquement, après l'écoute de cet album, on ne cherche plus où des groupes tels que Deftones ou Thursday ont trouvé la voie à prendre sur leur sacro-saint White Pony ou leurs intentions d'ensemble: la matrice est là.

    Ce qui fait avant tout son charme, c'est que cet album est fragile. Une oeuvre mélodique bancale aux guitares acérées allant droit au but, n'éprouvant aucunement l'auditeur et décidée à persévérer dans la simplicité. La pièce à conviction la plus plausible étant la tension palpable de l'haletant hit "Mother Mary", qui dit en 2 minutes 15 ce que Placebo n'est pour l'instant pas (et probablement jamais) parvenu à atteindre en plusieurs albums. C'est la plume de songwriter léger du chanteur Jonah Matranga qui saupoudre les coups de disto d'un idéal emo, loin des règles désormais établies aujourd'hui. Il le démontrera d'ailleurs bien assez par la suite par ses projets suivants dont son Onelinedrawing en solo...
    Mais le bonhomme n'est pas seul maître à bord, il ne fait pas l'électricité, ni le métronome. Ce sont bien ces quatre garçons ordinaires qui firent du peu de talent qu'ils avaient un objet marquant de diversité pourtant cohérente et homogène. La capacité à enchaîner un "The System" lumineusement rageur avec un transcendant "Nestle", à mêler un riff typique d'Helmet à un chant dodelinant accompagné de son discours amer d'amour sur "Wear It So Well", ou à faire totalement passer des clins d'œil non déguisés dissous sans honte : On devine que le titre éponyme "Water & Solution" reprend le hululement éloigné du "Where Is My Mind" des Pixies. Le principal est que le groupe y trouve son compte, son identité de rock dramatique, donnant naissance au titre le plus estimé par les adhérents de Far: la danse sinueuse de "Bury White".
    Malgré la férocité de nombreux plans, gravite également dans une nostalgie grunge des titres mi-Veruca Salt mi-Smashing Pumpkins à l'image de l'aérien "Not Really Here" et plus particulièrement "In 2 Again", petite plongée moderne dans la première moitié des années 90, chauffée de cordes et de cadences trip-hop. Une douce ambiance s'étalant au fur et à mesure des 3 derniers titres et jusqu'à la fin du disque, prenant de ce biais le risque définitif d'être saisi comme un album sensible, le ternaire de "Man Overboard" le fait vite comprendre...
    On note aussi en second plan que l'ASCAP des crédits comporte entre autres l'appellation 'I Miss Kurt'. C'est toujours bon de ne pas oublier ceux qui ont eu une âme musicale, et si la comparaison serait sacrilège pour la plupart, nulle doute que Water & Solutions s'est terriblement bien forgé, production aidant. La lourde patte poilue de Dave Sardy parvient alors d'un son parfait à montrer les incisives d'un groupe ici bien plus timide que sur son Tin Cans.... La puissance tirée du taf pour son Barkmarket veille au grain.

    Il serait trop orgueilleux de citer cette petite parenthèse rock comme un pionnier, comme une vision avant-gardiste de la musique d'aujourd'hui, mais tout y est si spontané qu'on ne peut hésiter à l'apprécier à sa juste valeur.
  • At The Drive In - In.ter a.li.a

    At The Drive In est de retour en 2017 avec un nouvel album et c'était clairement pas prévu (sauf depuis 2016 et l'annonce de celui-ci). In.ter a.li.a est le quatrième album du groupe et le premier depuis l'explosion en plein vol suite au succès de Relationship of Command en 2000. Le groupe a splitté en 2001, a fait un retour pour quelques dates grassement payées en 2012 et a décidé en 2016 de revenir au devant de la scène avec une nouvelle tournée et un nouvel album.

    Les groupes qui tentent un retour scénique (pour l'argent) et qui sortent par la suite un nouvel album prennent souvent le risque de se vautrer. Dans le cas d'At The Drive In, c'était d'ailleurs à craindre vu que le groupe a splitté pour divergence musicale (Sparta d'un côté et The Mars Volta de l'autre, partant dans deux domaines musicaux bien différents) et que Jim Ward, un des guitaristes fondateurs a aussi quitté le groupe. Malgré les craintes, In.ter a.li.a nous renvoie clairement vers Relationship of Command. Un peu comme si le groupe n'avait pas fait une pause de près de 15 ans. On est à nouveau face à du post-hardcore avec quelques touches pysché. L'album de 11 titres sorti chez Rise Records devrait clairement plaire aux fans du groupe; par contre, il est pas certain que le groupe touche de nouveaux fans avec cette plaque tant la musique est restée la suite exacte de ce que le groupe jouait il y a 15 ans.

    En gros, même si l'album n'a pas la fraicheur d'un Relationship of Command, le groupe s'en sort de manière honorable avec cette 4ième plaque. Par contre, le risque que le disque ne trouve preneur que chez les fans convaincus est assez grand.

  • Vandal X - Vandal X

    Vandal X est le dernier album du duo belge Vandal X. Il est sorti en 2015 et est déjà le 8ème album du groupe. on y retrouve 11 titres.

    Le groupe formé en 1995 est au sommet de sa forme et de son art. Ce dernier album est une véritable pépite de noise bien frappée et bien hardcore. Le duo arrive à faire plus bruit que certains groupes qui comprennent le triple de musiciens. Ça tabasse sa batterie et impose un rythme assez soutenu pendant que son compère à la guitare fait cracher ses six cordes. Il y a bien quelques titres ou passages plus doux, mais c'est vite compensé par une débauche de sons et d'énergie. 

    Les Gantois font preuve d'une maitrise parfaite de leur sujet !

  • Nothington - In The End

    Nothington, c'est clairement le genre de groupe méconnu ou sous estimé. Le groupe de San Fransisco nous sort un troisième album en cette année 2017 et ce après 5 ans d'attente. L'album est sorti via le label Red Scare et on y retrouve 11 titres.

    Ce nouvel album sort sans prétention aucune, mais est une parfaite synthèse de ce qui se fait de mieux en punk rock actuellement. On est face à un mix parfait entre du Gasligth Anthem, The Menzingers et des trucs moins grand public comme The Flatliners ou The Lawrence Arms. Les gars savent pondre de pures chansons punk rock. Ça ne transpire pas l'originalité, mais c'est fait à la perfection !

    Ce In The End sera à mettre à une bonne place dans les top de l'année 2017.

  • Pears / Direct Hit - Human Movement

    Deux groupes hyper jouissifs de chez Fat Wreck Records s'unissent le temps d'un split 33 tours. D'un côté, on retrouve 6 titres pour Direct Hit !. Le groupe de Milwaukee nous offre à nouveau une bouffée d’oxygène punk rock tendance skate punk. Ça joue vite (maximum 2min le titre), c'est rempli de chœurs et cela s'écoute sans fin !

    Pour la deuxième partie du disque, on retrouve les troublions de Pears. Le groupe de La Nouvelle Orléans place aussi 6 titres. Du punk tendance hardcore d'une efficacité inégalable. Pears en rajoute une couche pour se faire une place dans la scène punk rock actuelle. Le groupe est clairement un des groupes les plus efficaces et jouissifs du moment.

    Amateurs de punk rock, je n'ai qu'un conseil à donner: fonce sur cet album. Pour ma part, il fait déjà partie des favoris de l'année !

  • Foo Fighters - Concrete and gold

    Concrete and Gold est le neuvième album pour la bande Dave Grohl. L'album comprend 11 titres et est sorti chez Roswell Records.

    Après plusieurs écoutes de l'album, j'ai toujours un avis partagé sur celui-ci. Il y a plein de passages et de mélodies qui me font penser aux deux premiers albums de Foo Fighters. Et cela est plutôt bien.

    Par contre, je trouve que les titres et l'album tire en longueur (souvent plus de 4 minutes par titre) et qu'un peu de "nettoyage" n'aurait pas fait de tord. Je trouve aussi le truc ultra produit et cela sonne clairement pour pouvoir jouer dans des stades. On retrouve d'ailleurs une foule d'invités pour les chœurs qui ont l'habitude de lieu pareil (Justin Timberlake, Paul McCartney). Dave Grohl et ses Foo Fighters ressemble de plus en plus à du rock FM.

    Sur ce, je retourne m'écouter One By One et le premier album.