Didier Super - Vacances à vos frais

Tout est dit dans cette interview.

Ce nouvel album de Didier Super, tu l’as enregistré au Vanuatu avec un String Band local. Pourquoi être allé aussi loin ?

Je suis déjà allé plusieurs fois en Nouvelle-Calédonie. La première fois pour un spectacle de vélo. J’y ai rencontré Sylvain, un gars du nord qui s’est expatrié là-bas pour devenir conteur. Il a eu envie d’organiser un spectacle de Didier Super là-bas, dans « le pays du non-dit ». Les gens y parlent beaucoup, mais pas des vrais problèmes. Il avait envie d’offrir aux oreilles calédoniennes des textes un peu spéciaux.

En 2012 j’y suis donc retourné, et Sylvain m’a envoyé au Vanuatu, un petit archipel derrière la Calédonie. J’ai fait le même spectacle, mais ça a été un gros fiasco. C’était un public de profs français expatriés, bien planqués au salaire triple. Alors, les thèmes un peu « noirâtres » abordés dans le spectacle, ils n’avaient pas vraiment envie d’en entendre parler. Mais dans le public, un gars était là, et a une idée. Il est venu me voir et m’a dit « Je te verrai bien enregistrer un album avec un string band du Vanuatu ».

Mais c’était surtout pour me faire payer des vacances au Vanuatu par un producteur. C’était un prétexte pour moi pour partir un mois dans le Pacifique. Heureusement la rencontre a été chouette, parce que c’est pas parce qu’on me paye des vacances que je vais revenir avec un album. Il a fallu bosser, rencontrer des gens, les intéresser. Ils ouvraient des yeux énormes quand je leur expliquais le sens de chaque chanson : les terroristes, la mort, l’avortement, l’excision… Ils étaient hallucinés. L’excision il a fallu leur répéter quatre fois ce que c’était, ils n’en avaient jamais entendu parler. J’ai travaillé avec le Aro string band, et à la fin de l’enregistrement, ils m’ont adopté en me donnant un nom de là-bas. Grosso modo ça signifie « le sel qu’on a sur le corps et qui pique aux endroits sensibles ». Ils ont tout compris.

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