• Real life version - The sound of Progress

    real life versionReal Life Version est un groupe slovène. The sound of Progress est le deuxième album du quatuor. Il est sorti fin 2013 sur le label allemand Fond of Life et on y retrouve 9 titres.

    Real life version nous promène dans un univers punk rock vraiment actuel. Les chansons sont assez longues (en moyenne 4 minutes), mais possèdent parfois plusieurs ambiances. On est quelque part entre les grands frères autrichiens de Rentokill et d'Astpai ou dans les contrées musicales des ricains de A Wilhem Scream et ce genre de truc qui balancent du punk rock teinté de technique. Je suis juste légèrement déçu par l'album, car je trouve que la prod cache un peu l'énergie que le groupe dégage en live, ce qui est bien dommage.

    En résumé, un bon album de punk rock tendance actuelle à ranger à côté de Astpai, A Wilhem Scream et autres !

  • Hateful Monday - It must be somewhere

    a1335826000_10.jpgHateful Monday nous gratifie avec ce It Must Be Somewhere de sa septième sortie en seize ans de carrière. Tous les groupes ne peuvent se vanter d'être aussi prolifique. Sur cet album, exit Greg Laraigné qui a quitté la Suisse pour le Québec. Les Suisses se retrouvent donc à 4 avec toujours Reverend Seb au chant et à la basse, avec Igor Gonzola à la batterie, M. Fallan à la gratte et aux chœurs ainsi que Charly Cougra, lui aussi à la gratte et aux chœurs.

    Hateful Monday, à l'instar des Unco ou des Burning Heads peut être considéré comme des papys de la scène punk rock européenne dans les pays francophones. Les gars sillonnent le continent sans discontinuer depuis 1998. On retrouve dans ce It Must Be Somewhere, 13 titres de punk rock qui n'a rien à envier à leurs confrères ricains. A l'écoute, ça donne envie de prendre son skate et de dévaler les rues ou de boire des coups en discutant punk rock ou encore de se bouger dans un concert. Certains titres me font penser à du Offspring (celui de bonne époque: Smash ou Ixnay The Hombre), c'est le cas de l'excellent Superficialistic. On navigue de toute façon clairement dans du punk rock teinté de son nineties.

    Cette septième sortie des Hateful Monday est une vrai réussite. C'est le premier album sorti en 2014 que j'écoute ... et je l'écouterai clairement souvent cette année !

  • A tribute to Kid Dynamite

    kid dynamiteKid Dynamite est un groupe punk hardcore de Philadelphie qui est un des précurseurs de punk rock actuel. Le groupe a officié entre 1996 et 2000 avec la parution de 3 albums. Le groupe a influencé un paquet de groupe s'engouffrant dans leur punk rock bien rapide rempli de chœurs avec des titres dépassant rarement les 2 minutes.

    Oni RedChords, un label de Metz a sorti en 2008, une compilation ou 20 groupes reprennent un titre des ricains. C'est la première sortie du label messin. Depuis lors, le label a entre autres participé à la sortie d'un album pour The Boring et No Guts No Glory.

    Parmi les 20 groupes, on retrouve un paquet de groupes français dont deux, pour moi, sortent du lot: Guerilla Poubelle qui a traduit en français en titre pour le reprendre (Pacifer) et Flying Donuts qui sonne clairement plus comme du Flying Donuts que comme du Kid Dynamite et qui reprend un medley de plusieurs titres. On retrouve aussi en vrac les Français de Bad Chickens, de No Guts No Glory, de Santa Cruz, de Greedy Guts, de Escarres, de Sling 69, les Belges de Poison Heart, les Autrichiens de Astpai et un paquet d'autres.

    Un bel hommage émanant de France pour la référence qu'est Kid Dynamite !

  • Los Di Maggios - Stop Bitchin Bitch

    los_di_maggios_stop_bitchin_bitch.jpgLos Di Maggios est un groupe de Bordeaux ... ou plutôt était car le groupe a officié entre 2006 et 2012. Durant cette période, ils ont eu l'occasion de sortir un skeud chez Dirty Witch (ISP, Sons of Buddha, ...).

    Ce disque traine dans une énorme pile de CD à écouter depuis plus de 3 ans. Pas toujours facile de prendre le temps de tout écouter. A la première écoute, j'ai vraiment bien aimé le punk rock des Bordelais. Ça joue bien, c'est bien en place ... mais après quelques écoutes supplémentaires, le disque commence malheureusement à me lasser. Ça ressemble énormément à du Unco/Sons of Buddha. Et plus, j'écoute le disque, plus j'ai l'impression d'avoir un groupe qui copie (bien ... mais sans originalité) le son des UNCO.

    Disque à conseiller à tous les amateurs de punk rock comme les Unco, Millencolin ou autre Lagwagon. Pour ma part, je vais faire une petite pause avant d'y rejeter une oreille.

     

  • Interview Didier (Black Basset Records - ex/Hexagen BXL)

    1009874_539937612730481_207211275_n.jpgHello Didier, tu es à la base d’un nouveau label lancé à Bruxelles en 2013, Black Basset Records. D’abord félicitations pour cette initiative. Peut-on savoir de qui est composé le label ?

    Merci ! Le label est composé du basset noir qui lui a donné son nom, de ses deux acolytes humains, et d'une âme damnée qui désire garder l'anonymat pour mieux préparer sa domination sur le monde tel que nous le connaissons. Bref, une « dream team » assez discrète!

    Peux-tu nous dire ce que vous avez déjà sorti ? Et puis les sorties prévues ? Peux-tu aussi nous présenter en quelques lignes les groupes présents et à venir sur le label ?

     Il y a eu 4 sorties en 2013, pour la première (demi-) année d'existence de BBR.

     Le premier EP des Bruxellois de Mont-Doré, « Escalades », un mix de screamo hardcore et de post-rock assez explosif, enregistré à l'ancienne dans les conditions du live. Mont-Doré est vraiment un groupe à voir en concert. L'expérience, renforcée par un light show et des projections faites maison, est assez unique. Escalades est l'exemple même d'un disque qui se vendra en concert plus que chez les disquaires. Le son peut surprendre à la première écoute, mais l'essayer de visu, c'est l'adopter.

    Nous avons également sorti le premier album de Billions of Comrades, un groupe de la région de Tubize, qui évolue entre pop, rock et électro, et se démarque de la masse entre autre par l'usage du tenori-on. Ils ont gagné le Concours-Circuit en 2012, ont enchaîné une pelletée de concerts en 2013 et bénéficient d'une grande attention de la presse belge. Disons que, sur papier, ils sont sans doute le groupe le plus abordable de notre catalogue jusqu'à présent.

    On a enchaîné avec la sortie de « Palm Reader », le deuxième album des Carolos de Castles, qu'on ne doit plus vraiment présenter depuis leurs passages à Dour et leur participation à The Noise Belgique entre autres. L'album est tout simplement fantastique et a été produit par Kurt Ballou, le guitariste de Converge. La première édition vinyle, bientôt entièrement vendue d'ailleurs, a été sortie par le label gallois Palm Reader Records, alors que nous nous occupions exclusivement de la distribution digitale, mais le deuxième pressage vinyl, prévu pour mars, sera géré uniquement par BBR.

    Last but not least, la dernière sortie de 2013 était le premier EP de Augures, un trio liégeois qui évolue dans un registre que je qualifierais de « metal intelligent », axé sur des structures un peu alambiquées. Six titres sur une cassette limitée à 100 exemplaires, avec carte de téléchargement.

    Les projets et sorties prévus pour 2014 sont déjà nombreux : le re-pressage de Castles (sur vinyle jaune transparent cette fois) comme je l'ai déjà dit, un 7' deux titres de Augures à tirage ultra-limité, le nouvel album de Thot, le projet de Grégoire Fray (également membre de Mont-Doré), et deux co-productions pour des groupes français : un double LP de Seilman Bellinsky, sorte de super-groupe de la scène nantaise avec des membres de Papier Tigre, Goudron et Fordamage, que nous sortirons avec une flopée de micro-labels français comme Strandflat et Poussin de Kythibong, et le premier album de duo manceau Quadrupède, que nous produirons avec nos amis du collectif Merci Connasse, détenteur du record de France du meilleur nom d'association. Seilman Bellinsky est un projet assez étrange, basé sur des compos rock noise lentes et répétitive, alors que Quadrupède est un duo au registre math rock/post rock plus joyeux.

    Il pourrait également y avoir un split de Mont-Doré avec un groupe français, affaire à suivre, on y travaille en tout cas.

    988239_553387384718837_861858281_n.jpgPourquoi avoir choisi ces groupes ? Comment se passent les choix ? Coup de coeur, étude marketing ? Il y a déjà différents styles sur votre label, pourquoi s’ouvrir ?

    Il n'y a sûrement pas eu d'étude marketing, et les choix se sont fait de manière assez organique. Il y a sans doute autant d'histoires que de sorties d'ailleurs. On a vu Billions of Comrades et Mont-Doré débuter, et ce sont des projets qu'on apprécie totalement, avec des gens qui sont avant tout des amis.

    Pour Castles, c'est une connaissance commune qui nous a proposé de bosser ensemble, et le courant est passé directement, au point d'amplifier l'idée de départ pour renforcer notre collaboration.

    On a rencontré Augures via Mont-Doré, avec qui ils ont joué plusieurs fois. Le courant passe très bien entre les groupes, et cela s'est répercuté sur nous. Augures dégage une énergie assez impressionnante, les trois « kids » débordent d'idées, et c'est un projet dans lequel on se retrouve pleinement, il était donc logique de se mouiller ensemble.

    Idem pour Thot : on bosse déjà avec Grégoire dans Mont-Doré, on a déjà fait jouer Gilles dans l'un de ses autres projets. Et même chose pour Seilman Bellinsky, dont on connait les membres pour les avoir fait jouer via d'autres groupes dans lesquels ils sont actifs.

    En fait, en y réfléchissant, Quadrupède est le seul groupe chez nous qui puisse se targuer que BBR lui ait fait du gringue de manière intensive ! Tout le reste s'est bouclé assez directement entre gens qui se connaissaient avant même qu'il ne soit question d'un label et de sortir des disques via BBR.

    Pour en revenir à ta question sur l'ouverture à différents styles, on veut simplement un label à notre image, assez ouvert. On écoute beaucoup de musiques et de styles différents, il me semble logique que cela se reflète dans nos sorties. Et je pense qu'un simple coup d'oeil aux groupes qu'on a fait jouer, que ce soit avec ou sans heXaGEN, montre que nous sommes – relativement – ouverts d'esprit.

    Comment un groupe peut-il faire pour sortir un album chez vous ? Il doit vous harceler, vous convaincre sur disque, en live ? Ou est-ce plutôt la démarche inverse qui est que c’est vous qui aller proposer votre label aux groupes ?

    Vu ce que je viens de te raconter, j'aurais tendance à te dire que, si cela doit se faire, cela se fera, tout simplement ! Inutile d'envoyer des e-mails à rallonge en mode « candidature », comme nous en avons reçu un bon nombre. Il n'y a vraiment pas de démarche-type, ni de manière figée de procéder de notre côté.

    Est-ce encore utile d’être un label en 2014 à l’heure où tout se trouve sur internet et est accessible gratuitement ?

    En bref, oui. Pour preuve, y a-t-il beaucoup de groupes ou d'artistes qui aient pu vivre décemment de leur musique sans avoir collaboré avec un label ?

    Je ne pense pas qu'il faille voir la musique exclusivement en termes d'accès. C'est génial de pouvoir mettre sa musique à la disposition du monde entier, mais cela ne suffit pas. Pour preuve, Spotify vient de lancer Forgotify, pour les 4 millions de titres sur la plate-forme qui n'ont jamais été écouté par qui que ce soit !

    Il y a de très nombreux aspects à un projet musical : la musique bien évidemment, mais également la technique, la production sur supports physiques, la design graphique, l'administration, le booking, le management, la gestion de droits, etc, sans même parler de l'investissement financier qui doit bien être fourni par quelqu'un. Et seules des structures professionnelles sont à même de fournir l'ensemble de ces services.

    A notre niveau, faute de disposer de plus de moyens et de plus de temps, nous ne pouvons que donner un bon coup de pouce aux groupes qui sont chez nous. C'est, je l'espère, déjà mieux que rien. Mais, dans un monde idéal, des musiciens devraient surtout avoir l'opportunité de se concentrer exclusivement sur leur musique !

    D’ailleurs où peut-on trouver les disques que vous avez sorti ?

    Directement chez pas mal de disquaires (Caroline Music, Veals'n'Geeks, Taille 33, Monsieur Jean, etc), chez Mandaï Distribution (www.mandai.be), chez CD1D (www.cd1d.com) ; Throatruiner (www.throatruinerrecords.com) et Eastrain (www.eastrainrec.com) en France, chez SM Musik en Allemagne, et bientôt via Code 7 en Angleterre.

    Et en vente ligne via notre site (www.blackbassetrecords.com), sur notre Bandcamp (blackbassetrecords.bandcamp.com) et sur Discogs. Et bien sûr aux concerts des groupes du label!

     Je vois que vous sortez vos productions sur différents supports (tape, vinyl, digital), pourquoi ce choix ?

    Le digital, pour des raisons évidentes : c’est le meilleur moyen de faire circuler de la musique, que ce soit en téléchargement ou en streaming. C’est ce qui permettra aux plus curieux de découvrir les groupes. Pour le reste, quitte à demander aux gens de débourser de l’argent pour supporter un artiste, autant leur proposer un bel objet en échange. Et en termes de beauté et de qualité d’écoute, rien ne vaut le vinyle. Il peut se décliner de nombreuses manières et nous comptons jouer là-dessus : couleur, poids, inserts, laquage, etc.

    L'idée de la cassette, dans le cas d'Augures, vient du groupe même, mais reste basée sur le même postulat : une carte de téléchargement qui permet d'emmener l'EP partout, et un bel objet en soi. Le design de Thierry Tönnes, qui a aussi bossé avec Daggers, n'y est pas pour rien !

    1378740_599866166737625_908153726_n.pngBon, vu que tu es dans l’industrie du disque maintenant ... qu’en penses-tu ? Est-ce un monde de requins qui ne pense qu’au fric faisable avec les artistes ? Est-ce important qu’il y ait de nouvelles initiatives comme la votre ? Peux-tu nous citer quelques labels qui vous servent d’exemple ?

     J'ai un « day job » dans « l'industrie » du disque depuis des années, et la machine à clichés sur le secteur et ses requins me fait bien sourire. OK, certaines majors ont la fâcheuse tendance à faire signer des contrats franchement pas attractifs pour les artistes, mais à ce que je sache, personne n'a jamais témoigné avoir été forcé de signer un tel contrat pour ensuite aller faire le gugusse à servir de la soupe formatée au vocoder dans une téléréalité minable.

     A côté de cela, bon nombre de structures, professionnelles ou pas, ont pris des risques considérables et ont gardé une réelle éthique pour sortir des disques de qualité par des artistes dans lesquels ils croyaient à 150%. Et cela, on en parle nettement moins.

    Il y a une flopée de labels de qualité, de toutes tailles et actifs dans plein de registres musicaux différents, qui sont responsables de quantités de sorties extraordinaires et qu'on pourrait difficilement soupçonner d'être actifs uniquement pour la gloire ou l'argent : Denovali, Deathwish, Talitres, African Tape, Dischord, Top Shelf Records, Alcopop, et j'en passe beaucoup.

    Si je ne devais en retenir que quelques-uns qui nous servent d'exemple, je citerais Kythibong, Throatruiner et Dog Knights. Bref, des micro-structures menées par des stakhanovistes passionnés.

    Je veux croire qu'en matière de musique, surtout pour les genres qui ne bénéficient pas d'une couverture médiatique digne de ce nom, toute initiative est bonne à prendre et a le mérite d'exister.

    Hormis sur internet où il est possible de trouver un peu près tout et vu la fermeture d’un paquet de disquaires, penses-tu monter une distro avec les disques du label ? Ou travaillez avec une boite de distribution voire des plus petites distros ? D’ailleurs si on veut éviter le net et Mediamarkt, as-tu des « vrais » disquaires à conseiller sur Bruxelles et en Belgique.

    On se tâte vraiment concernant la distro. BBR n'organise pas assez de concerts pour justifier d'en avoir une et nous n'avons pas particulièrement envie de passer tous les concerts où nous allons à jouer à la marchande. Bref, à voir, mais d'autres font cela très bien.

    Il y a encore pas mal de disquaires de qualité, tant à Bruxelles (Veal'N'Geeks, Monsieur Jean, Elektrocution, etc) qu'en Wallonie. Il suffit de voir le beau boulot que font Michel (de I for Us Records) et Gian avec Taille 33 à Louvain-la-Neuve, qui est quand même un magasin super-cool qui ne se contente pas d'être un disquaire mais organise aussi des showcases, des happenings, etc.

    Vous organisez parfois des concerts avec BBR; est-ce occasionnel, récurrent ? Est-ce ouvert uniquement à des groupes du label ?

    C'est tout à fait occasionnel, et exclusivement tourné vers les groupes du label. La seule exception à cette règle a été le concert de Listener, qui est un de nos groupes préférés. Mais, dans l'immédiat, l'idée est de se concentrer sur le label, qui prend déjà énormément de temps, et de laisser l'organisation de concerts à d'autres (et ils sont nombreux).

    Passons maintenant à d’autres sujets, tu es un vieux bourlingueur de la scène bruxelloise et belge. Que penses-tu de l’état actuel de la scène musicale à Bruxelles ? De mon côté, je trouve qu’il y a un énorme potentiel alternatif, mais qu’il manque des soutiens et que souvent chacun travaille dans son coin. As-tu le même ressenti ?

    Bruxelles a une scène très éclatée : beaucoup de groupes, beaucoup de genres, peu de lieux qui travaillent avec tout le monde et fort peu de communication entre tout ce petit monde.

    Il n'y a clairement pas « une » scène bruxelloise structurée, comme on avait pu le voir par exemple dans les années nonante avec la scène punk/hardcore qui était ultra-organisée et très fédérée.

    Ceci dit, j'imagine que la situation est identique dans toutes les villes d'une certaine taille. On ne peut pas forcer les gens à travailler ensemble, pas forcer des lieux à accueillir tel ou tel artiste, et les petites guéguerres entre différentes chapelles sont inévitables même si pas bien méchantes.

    En termes d'organisation, Bruxelles est extrêmement bien desservie avec Liberation Booking, AEM, Undercore, heXaGEN, Buzz On Your Lips, Tally-Ho, Cheap Satanism, Bang Bang Booking et bien d'autres encore. L'offre est pléthorique, même si le nombre de lieux susceptibles d'accueillir des concerts ne cesse de diminuer. En fait, il est franchement possible d'aller à un concert tous les soirs chaque jour de l'année ou presque, même avec un budget réduit. Les deux plus gros problèmes sont sans doute le public, qui ne suit pas la cadence et manque souvent de curiosité, et le manque de communication : très souvent, les gens ne sont pas au courant que tel ou tel concert a lieu, ou pire encore, plusieurs concerts intéressants se retrouvent en compétition avec les autres.

    Comment y remédier, je n'en sais rien ! Des initiatives existent, comme à Nancy par exemple, où toutes les associations ont un forum commun en ligne, où elles se tiennent au courant de leurs activités et s’entraident en termes de logement d’artistes, de matériel, etc. Une initiative similaire a été lancée à Bruxelles par Benjamin, de Madame Moustache, sous la forme d’un groupe Facebook. Mais tant que tout le monde ne se joindra pas au groupe, les problèmes de manque d’information subsisteront.

    Tout cela mis à part, je n'ai même toujours pas compris ce qui fait vraiment le succès d'un concert, pourquoi certains concerts attirent cinq fois plus de monde que prévu, alors que d'autres qui semblent être des « sure shots » se plantent totalement. La concurrenet et la météo n’expliquent pas tout. Ce que je trouve hallucinant en plus de tout cela, c'est que, pour chaque concert organisé et pour chaque groupe qu'on a accepté de faire jouer, il y a au moins dix refus en parallèle. Et c'est environ le même ratio pour tous les collectifs. A croire que le rapport entre offre et demande confine surtout à un rapport entre tout et presque rien....

    Tu as auparavant participé pendant quelques années à l’aventure Hexagen BXL qui organise toujours des concerts sur Bruxelles. Pourquoi avoir quitté Hexagen ? Quel est ton point de vue sur l’orga de concerts alternatifs ?

    Disons que j'avais un peu l'impression d'avoir fait le tour de la question et que je commençais à me lasser de ce perpétuel recommencement, entre plantages et succès qui te permettent uniquement de remettre les compteurs à zéro pour mieux recommencer. Humainement, l'organisation de concerts est une aventure fantastique, mais le travail et le risque financier qui vont de pair avec cette activité sont souvent fort contraignants.

    Il ne faut pas se leurrer, organiser des concerts peut s’avérer un hobby coûteux si les choses tournent mal. Reste à voir comment gérer au mieux ce risque. heXaGEN fait partie des associations DIY qui garantissent un cachet aux artistes, quelles soient les circonstances. Ceci implique de prendre à son compte tous les aléas, directs ou indirects, qui font qu’un concert ne se déroule pas comme prévu ou espéré. Et quand on sait que la météo, les grèves des transports en commun, les annulations ou la casse matérielle peuvent avoir un impact, la liste de tracas possibles est très longue.

    D’autres pratiquent le door-deal. Personnellement, j'ai toujours été opposé à l'idée de faire jouer des groupes sans les rémunérer, ou à me contenter de transférer le risque financier en leur disant que, s'il n'y avait rien dans la caisse, ils ne toucheraient rien non plus. Certains groupes acceptent de jouer dans ces conditions, certains promoteurs préfèrent travailler sur cette base, c’est leur choix et je ne le critique pas. Mais, personnellement, cela me mettrait assez mal à l'aise de devoir le faire moi-même.

    Par rapport à l’organisation, un label demande sans doute encore plus de travail et d'investissement financier, mais tu as l'avantage de pouvoir plus facilement gérer la charge de travail générée. Le risque financier est certes plus grand mais plus facile à évaluer. C'est un projet au quotidien, plutôt qu'une activité par coups de feu comme peut l’être la promotion de concerts.

    Hormis Bruxelles et Liège où ça vit pas mal en région francophone, tu connais d’autres villes/lieux à conseiller ? Est-ce que la scène belge francophone est-elle plus pauvre que la néerlandophone ?

    Je pense que la scène belge francophone est surtout pauvre au sens financier du terme. Il y a finalement très peu d'investissements publics ou privés dans les lieux tournés vers les musiques plus alternatives, et surtout pas de volonté politique de laisser une certaine liberté à des lieux peut-être un peu plus décalés ou improbables d'accueillir des concerts. Le contraste est saisissant avec la Flandre où bon nombre de MJ ou de salles des fêtes sont à même d'organiser des concerts de taille moyenne et où tu as l'impression de découvrir un nouveau patelin chaque semaine simplement en lisant un calendrier de concerts.

    En termes de talent, par contre, si l'on fait abstraction de l'obsession belge francophone pour le pop-rock et de l'engeance que sont les groupes de reprises, il y a clairement du talent un peu partout. On peut par contre regretter la frilosité de certaines salles subsidiées par rapport à certains genres de musique ou l'obsession de supporter – financièrement et médiatiquement - de façon démesurée certains groupes qui préfèrent jouer les grands cadors en Wallonie plutôt que d'aller se mouiller à l'étranger pour réellement défendre leur projet.

    En parallèle, bon nombre d'initiatives associatives fleurissent un peu partout, menées par des passionnés comme toi avec AEM. Honest House et Jungle à Liège, Sabotage à Liège et en Gaume, Namur du Son, Dewane à Mons, les Hurlus de l'équipe du Century à Mouscron,plus toute la clique bruxelloise déjà citée, cela fait quand même un paquet de gens motivés et une pléiade de concerts.

    Outre Bruxelles, où la nouvelle équipe du DNA fait un boulot fantastique, où le Magasin 4 et le Café Central continuent de se mouiller pour tous les genres de musique et où Madame Moustache développe quand même une programmation très intéressante (pour ne parler que des francophones), j'ai récemment flashé sur Le Vecteur à Charleroi, qui est un endroit vraiment fantastique et qui collabore intelligemment avec l'Eden et le Rockerill. Je trouve l'Entrepôt à Arlon assez sympa, une salle superbe avec une programmation assez osée pour une ville de petite taille. Mais, en bruxellois lambda, c'est quand même La Zone à Liège qui reste ma salle préférée en Wallonie.

    Que penses-tu du fait qu’une ministre de la culture belge francophone reçoivent la légion d’honneur française ? Moi, je pense qu’elle profite plus de l’aura de quelques gros acteurs belges qui percent à Paris que de faire son travail de promotion de la scène. D’ailleurs hormis des grosses têtes de pont comme Stromae, un paquet de groupes belges francophones galèrent à trouver des dates chez eux (et à l’étranger).

    Personnellement, je trouve assez anecdotique qu'on s'échange encore des breloques en 2014. Et bon, Shakira a été faite Chevalier des Arts et des Lettres, tout est à mettre en perspective.

    Passons à des questions plus « sérieuses ». Quel est le premier disque acheté ? Et le dernier ?

    Le premier disque que j'ai supplié mon père de m'acheter, c'était le 45T la chanson de Fraggle Rock. Je l'ai toujours. Il y a une version longue et je maintiens que la ligne de basse en intro est toujours capable de mettre le feu au dance-floor, et pas dans le sens NRJ du terme.

    http://www.youtube.com/watch?v=CjGWkGs9ZnQ

    Le dernier disque que j’ai acheté est le nouveau Calvaiire. Et je viens de commander le nouveau Barren Womb.

    Quel disque peut-on trouver dans ta discographie dont tu as un peu honte de l’achat ?

    Pas Fraggle Rock en tout cas !

    Aucun dont j'ai vraiment honte, je peux quasiment te justifier tous mes achats au cas par cas ! Même s'il est vrai que certains d'entre eux n'ont plus été écoutés depuis des années. Je pense que tout le monde se retrouve avec un bon paquet de disques qui s'avèrent un peu nazes à l'usage : effets de mode, achats impulsifs ou mauvais conseils des copains, il y a de toute manière de nombreuse excuses à faire valoir. Donc, je plaide non coupable !

    Quel est le groupe que tu rêves de signer sur BBR ... mais que tu sais que ce sera probablement qu’un rêve ?

    C'est marrant cette question, elle a l'air d'obséder les gens et on me l'a déjà souvent posée. Honnêtement, je n'en sais rien. D'un côté, il y a une volée de groupes avec qui je serais fier de pouvoir collaborer, d'un autre, personne ne nous a jamais dit non jusqu'à présent, et on bosse avec tous les groupes qu'on a approchés. Bref, comme des enfants gâtés, on a eu tout ce qu'on voulait jusqu'à présent.

    Et si tu ne devais retenir que 10 disques à écouter jusqu’à la fin de tes jours ?

    Complètement en vrac,

    • Pixies – Doolittle

    • Ned's Atomic Dustbin – God Fodder

    • God Machine – Scenes from the Second Storey

    • Rollins Band – The End of Silence

    • NOFX – Punk in Drublic

    • Bad Religion – Stranger Than Fiction

    • Wise Up – Many Ways, One Direction

    • Sick Of It All – Scratch The Surface

    • le premier And So I Watch You From Afar

    • Listener – Return to Struggleville

    C'est forcément ultra-limitatif, mais ce sont des disques qui ont tous terminé virtuellement usés à un moment de ma vie !

    Le disque que tu offrirais à ton meilleur ami ? A ta mère ? A ton pire ennemi ?

    J'ai offert pas mal de Listener, de Oldseed et de Frustration ces derniers temps.

    Ma maman a récemment reçu du Billions of Comrades et du Agnes Obel.

    Et mon pire ennemi peut aller se faire voir avec un disque de Pitbull ou une autre atrocité du genre.

    Je te laisse le mot de la fin, n’hésite pas à ajouter quelques choses et te remercie pour tes réponses.

    Merci beaucoup pour l'interview, et pour tout ce que tu fais avec AEM !

  • We'rewolves - Cosmic Shit Hammer

    We're WolvesWe're Wolves est un combo de la région flamande en Belgique. Cosmic Shit Hammer est sorti en autoprod et est leur première sortie. Ce 5 titres date déjà de 2009. Très belle découverte que ce groupe qui officie quelque part entre la folie de Refused ou de At The Drive-In avec parfois des moments plus violents/hard à la Cancer Bats ou The Bronx. Ce premier 5 titres est prometteur et j'attends avec hâte de pouvoir écouter la suite !

    Tout y est, l'énergie, la rage, le côté bien rentre dedans du rock avec des couilles ! A conseiller aux amateurs de The Bronx, Gallows, Cancer Bats, ...

  • Clan Edison - Clan Edison

    Clan EdisonAvant l'écoute de cet album, j'avais déjà entendu des bribes de morceaux du groupe et surtout beaucoup d'éloges. Le groupe a sorti cet album en autoprod en 2008 et n'a plus donné signe de vie depuis 2012.

    Le corbeau sur la pochette de l'album annonce dès le départ la couleur, on sera dans quelque chose d'assez sombre. On retrouve sur cet album neuf titres d'un rock tantôt en français tantôt en anglais. Noir Désir ne semble pas être très loin, en tout cas les titres les plus noise de Noir Désir (Le fleuve, ...). La voix du chanteur a d'ailleurs quelques ressemblances avec celle de Betrand Cantat. On sent la tension tout au long des neufs titres de cet album qui devrait aussi plaire aux fans de Nick Cave, Gun Club et 16 Horsepower.

    Il est clair que dès la fin de la première écoute, on est conscient que cet album reviendra assez souvent se poser dans le lecteur tant il est brillant ! Il ne reste plus qu'à attendre que le trio nîmois sorte de sa tanière pour un retour sur les planches.

  • Sons of Disaster @ Beeurschewburg - Bruxelles - 17/01/14

    sons of disaster, we're wolvesPremier gros concert sur Bruxelles en 2014 avec la prestation des Sons of Disaster au Beeurs. Les Anversois de We're Wolves ont ouvert la soirée devant une salle déjà bien remplie. Les gars envoient un mix de punk et de rock'n'roll. C'est assez énergique et le chanteur a une bonne présence sur scène.

    Lorsque sur le coup de 22h30, les Sons montent sur scène, c'est sold out et des gens resteront à l'extérieur sur le carreau. Les gars sont chauds tant sur scène que dans le public ! Pour les petits bouts de concert que j'ai vu (j'étais au stand merch), je peux confirmer que les Sons of Disaster sont chez eux à Bruxelles et que le public leur a mangé dans la main !

    Une toute bonne soirée avec un excellent accueil de la salle et du public pour les Sons of Disaster !

  • His Electro Blues Voice @ Magasin 4 - Bruxelles - 16/01/14

    Je suis arrivé un peu avant le début du concert de Stoompers pour ma première soirée au M4 en 2014. Le groupe bruxellois joue du punk à l'allemande. Leur truc me fait penser à du Nina Hagen et ce genre de truc. Le chanteur a une bonne présence, mais le style et la musique me lassent vite.

    Les Italiens de His Electro Blues Voice balancent eux du punk teinté de noise bien violente. Le set est ultra condensé et on est face à un mur de sons de près de 45 minutes. A nouveau, le truc me lasse assez vite. Le mur de son punk m'empêche de rentrer pleinement dans le délire musical du groupe. A revoir lors d'un prochain passage pour me faire une nouvelle idée.

  • Port of call - Ten feet of wind

    Port of callPort of Call est un one man band from Amsterdam. J'ai eu l'occasion de loger le bougre et il m'a donné son disque (que je n'aurais pas acheté car je l'avais trouvé assez ennuyeux en concert).

    Ten Feet of Wind date de 2012 et contient 12 titres. Les titres sont principalement acoustiques et composés de guitares/voix, mais on retrouve quelques autres instruments: banjo, trompette qui apportent vraiment un plus aux titres. On navigue en pleine pop minimaliste avec un chant parfois doux parfois plus plaintif. Le disque a plus de constance que la prestation vue en live de Port of Call.Le deuxième titre: Riddles, pictures & lies est "de toute beauté".

    A conseiller aux amateurs de Sigur Ros, Mogwai, Joseph Arthur.

  • Tightrope - Two things at once

    tightropeTightrope était un groupe de Montréal qui a cessé d'exister fin 2012. Ce Two things at once est leur dernière sortie (datant de 2011) et est une vraie petite merveille en hardcore mélodique. Le skeud tourne dans mon lecteur depuis presque un mois et je ne m'en lasse pas ! 13 titres de punk rock teinté de hardcore et le tout envoyé souvent en à peine plus de 2 minutes. Quelques part à mi chemin entre des trucs plus vénér à la Defeater et des trucs plus punk rock à la Dead To Me. Les gars pourraient être les cousins d'outre Atlantique des Français de Wank For Peace.

    Je n'ai qu'un seul regret à l'écoute du disque ... c'est que le groupe a arrêté.